Réalisateur, scénariste, producteur et acteur finalandais, Aki Kaurismäki est le frère cadet du cinéaste Mika Kaurismäki avec lequel il a fondé la société de production Villealfa, ainsi que la société de distribution Senso Film. Aki Kaurismäki a commencé comme membre actif de ciné-clubs dans les années 70, avant d’étudier aussi le journalisme et d’écrire des critiques de film.
Des débuts en toute indépendance
Son entrée dans le cinéma est étroitement liée à celle de son frère ainé dont il est d’abord l’assistant au début des années 80. Il coréalise d’ailleurs avec lui le documentaire Le syndrome du lac Saimaa (1981) sur trois groupes de rock finlandais. Il se lance finalement dans la réalisation en tournant des clip vidéo, puis le long de fiction Crime et châtiment (1983). Après Calamari Union (1985), il signe Shadows in Paradise (1986) qui est son premier film à être distribué en France.

Affiche : © 1990 ARP
Désormais repéré par les cinéphiles français, il enchaîne avec Hamlet Goes Business (1987), Ariel (1988) et surtout les Leningrad Cowboys Go America (1989) qui le fait connaître dans toute l’Europe. Si son univers visuel est déjà bien établi avec ses plans fixes, sa volonté de minimalisme et son goût pour la marginalité, il déploie enfin tout son talent dans des œuvres plus marquantes à partir de La fille aux allumettes (1990) qui révèle au passage l’actrice Kati Outinen.
Ensuite, il peut embaucher Jean-Pierre Léaud pour son film noir J’ai engagé un tueur (1990). Il continue à beaucoup tourner par la suite, notamment des films comme La vie de bohème (1992) et surtout Tiens ton foulard, Tatiana (1994) qui reçoit un bel accueil critique. Le public français n’est pas encore pleinement au rendez-vous avec seulement 31 443 curieux dans les salles.
La révélation de la fin des années 90
A cette époque, le cinéma d’Aki Kaurismäki fait surtout le bonheur d’une frange réduite de cinéphiles. En 1994, il donne suite à l’un de ses plus beaux succès avec Les Leningrad Cowboys rencontrent Moïse. Mais c’est avec Au loin s’en vont les nuages (1996) qu’il connaît enfin une forme de consécration. Le métrage est présenté au Festival de Cannes et gagne le Prix œcuménique. Le cinéaste iconoclaste dépasse enfin la barre des 100 000 spectateurs avec 131 358 cinéphiles dans les salles.

© 2006 Sputnik – ZDF/Arte – Arte France Cinéma / Affiche : Pyramide Distribution. Tous droits réservés.
Pourtant, il ne retrouve pas le succès avec son film suivant, le discret Juha (1999). Le retour en grâce intervient en 2002 avec L’homme sans passé qui est son plus gros succès personnel. Non seulement le film a été nominé aux Oscars, mais il a aussi obtenu 4 prix à Cannes dont le Grand Prix et le prix d’interprétation pour Kati Outinen. Enfin, le grand public est allé voir ce beau film avec 597 858 tickets vendus. Un énorme succès d’art et essai que n’a pas confirmé son œuvre suivante, Les lumières du faubourg (2006).
Des années 2010 moins profuses
Après plusieurs contributions à des films collectifs, Aki Kaurismäki revient au premier plan avec Le Havre (2011) qu’il tourne en France. Depuis longtemps préoccupé par la situation des migrants, le cinéaste s’attaque directement au sujet avec cette œuvre qui connaît un nouveau beau succès avec 569 501 entrées. Le métrage a fait le tour des plus grands festivals et a obtenu 3 prix à Cannes dont le FIPRESCI et le prix œcuménique. Après de multiples contributions collectives, le réalisateur revient avec un sujet similaire pour L’autre côté de l’espoir (2017) qui réunit encore 223 233 curieux en salles.
En 2023, Aki Kaurismäki, après six longues années d’absence, décroche le Prix du Jury au Festival de Cannes 2023 pour Les Feuilles mortes.

Affiche : Le Cercle Noir pour Fidelio