Cheffe monteuse, scripte, assistante réalisatrice et réalisatrice, Susana Rossberg est née à São Paulo. Fille de juifs allemands ayant fui le nazisme, elle devient orpheline à l’adolescence et vit alors quelque temps aux États-Unis. De retour au Brésil, la jeune fille suit des études de psychologie et de théâtre, tout en étant bénévole dans le secteur associatif éducatif.
La dictature brésilienne la contraint à l’exil. Après un détour par la Tchécoslovaquie, elle s’installe en Belgique en 1967. Elle s’inscrit alors à l’INSAS (Institut Supérieur des Arts) puis débute au cinéma en 1972. Susana Rossberg devient alors une monteuse réputée.
Elle collabore notamment avec Marion Hänsel pour Le lit (1982), Dust (1985), Les noces barbares (1987) et Sur la terre comme au ciel (1992) ; et contribue à l’efficacité visuelle des films de Jaco Van Dormael avec Toto le héros (1991) et Le huitième jour (1996) ; puis accompagne une nouvelle génération de cinéastes belges comme Micha Wald (Voleurs de chevaux, 2008) et Ursula Meier (Home, 2008). D’autres réalisateurs font appel à sa technique, dont les Français Guy Jacques (Je m’appelle Victor, 1993) et Jean-François Richet (De l’amour, 2001).
Susan Rossberg est également appréciée comme scripte sur divers longs métrages dont Golden Eigthties (1986) de Chantal Akerman. Et son travail d’assistante réalisatrice lui permet d’être crédité sur quelques œuvres dont L’œuvre au noir (1988) d’André Delvaux. Elle signe elle-même un court métrage de fiction (Mauvaises réponses, 1985) et quelques documentaires. C’est au milieu des années 2010 qu’elle semble se retirer. Susana Rossberg est décédée le 11 décembre 2025 à l’âge de 80 ans.