Véritable icône des amateurs de comédies françaises des années 70, Maureen Kerwin a connu une carrière courte au cinéma avec seulement une dizaine de films en 17 ans, mais des choix populaires l’écarteront de la gloire qu’elle était en droit de convoiter.
Née en Allemagne, à Munich en 1949, cette actrice franco-américaine fut remarquée dans L’héritier (1973) de Philippe Labro aux côtés de Jean-Paul Belmondo avec lequel elle faisait un couple glamour à l’écran. Petite fille de la directrice de théâtre Simonne Volterra, Maureen Kerwin sortait alors à peine du Conservatoire où elle faisait partie de la même promo que son amie, Nathalie Baye, Jean-François Balmer, Jacques Villeret et André Dussollier.
Elle va enchaîner des comédies signées Jean Giraud (Le Concierge), Christian Gion (Le Pion), François Leterrier (Je vais craquer !!!) ou Philippe Clair (Plus beau que moi tu meurs). Des films populaires en leur temps qui nuiront paradoxalement à sa carrière, les grands auteurs lui préfèreront… Nathalie Baye par exemple, avec laquelle elle tournera dans Je vais craquer !!! (1980).
Femme forte et émancipée au physique élégant et mature, Maureen Kerwin exulte une féminité des années 70 qui va jusqu’à séduire l’Amérique. Le réalisateur Robert Parrish l’engage en 1974 dans son polar marseillais, Marseille contrat. Elle s’impose ainsi au milieu d’hommes de poigne comme Michael Caine. Anthony Quinn, James Mason et Marcel Bozzuffi.
Parmi les auteurs avec lesquels elle travaille, on ajoutera le très à la mode David Hamilton, dans Laura, les ombres de l’été, en 1979. Loin d’être sulfureux en cette fin de décennie, la figure d’Hamilton illumine un milieu artistique qui sera secoué des décennies plus tard par les révélations de Flavie Flament qui accusera le photographe de viol.
En 1984, Maureen Kerwin tourne de nouveau dans un film anglophone, Besoin d’amour. Le drame de Jerry Schatzberg, réalisateur palmé pour L’Epouvantail, en 1973, est axé sur la relation entre une figure d’orphelin malheureux en manque d’amour. Interprété par le héros de E.T. de Steven Spielberg, le jeune Henry Thomas fait face au patriarche Gene Hackman, mais le succès n’est toujours pas au rendez-vous. Schatzberg, avec lequel elle est mariée depuis 1983, la dirige également en 1989 dans l’un de ses plus grands succès, L’ami retrouvé, une adaptation de Fred Uhlman.
Peu après son divorce avec Schatzberg, en 1998, Maureen Kerwin retrouve le chemin des plateaux avec une apparition dans la série à succès de l’époque Sous le soleil (2003-2005). Elle méritait tellement mieux.
Filmographie de Maureen Kerwin
(Actrice, longs métrages)
- 1972 : L’Héritier de Philippe Labro
- 1973 : Le Concierge de Jean Girault
- 1974 : Marseille contrat (The Marseille Contract) de Robert Parrish
- 1975 : Le Futur aux trousses de Dolorès Grassian
- 1978 : Le Pion de Christian Gion
- 1979 : Laura, les ombres de l’été de David Hamilton
- 1980 : Je vais craquer!!! de François Leterrier
- 1982 : Plus beau que moi, tu meurs de Philippe Clair
- 1984 : Besoin d’amour (Misunderstood) de Jerry Schatzberg
- 1989 : L’Ami retrouvé (Reunion) de Jerry Schatzberg