Les animaux amoureux est un documentaire animalier convenu qui s’engouffre dans tous les pièges du genre. Le résultat au box-office fut catastrophique.
Synopsis : Le spectacle de la vie amoureuse animale, un opéra d’attitudes et de parades…
Si la joie, l’émerveillement et le rire sont les maîtres mots du film, l’inquiétude, la peur et parfois la peine seront présentes, comme pour les hommes qui vivent une rencontre, un amour, une rupture… Leur histoire raconte des passions qui mènent le monde depuis la nuit des temps.
Deux ans après La marche de l’empereur
Critique : Exploitation pure d’un filon devenu juteux, Les animaux amoureux est sorti deux ans après le triomphe mondial de La marche de l’empereur de Luc Jaquet, à savoir le plus gros succès de l’histoire en matière de documentaire. Dans la tradition de Microcosmos, Le dernier trappeur (dont il partage le producteur), Le peuple migrateur, La planète blanche (BBC), ou Un jour sur terre (toujours la BBC, sortie un peu plus tôt en 2007), Les animaux amoureux avait un formidable potentiel commercial pour une œuvre cossue de 7 millions d’euros, proposée dans 400 salles pour les fêtes de Noël, avec la perspective éventuelle d’une carrière internationale (qu’il n’aura pas vraiment). Désamour immédiat, le film distribué par TFM (mariage de TF1 et Miramax) a été un accident industriel dès son lancement, puisqu’il dépassera à peine les 100 000 spectateurs sur toute la France.
La cause revient à la raison. Les animaux amoureux n’a pas été accompagné des papiers les plus harmonieux. Il faut dire que le premier long de cinéma de Laurent Charbonnier se présentait déjà comme un énième documentaire animalier aux images léchées et à la musique symphonique harmonieuse. Les producteurs ont convié Philip Glass, excusez du peu, égal à lui-même dans ses boucles entêtantes. Mais, faute d’une personnalité propre et d’un apport d’informations originales et insolites, le défilé de jolies images manquait de substance, se contentant du liant thématique, l’amour et la reproduction chez les bêtes, pour toucher un public curieux et essentiellement acquis à la cause animalière.
On se surprend dès le départ à deviner la structure du métrage (séduction, reproduction…) alors que le choix des protagonistes (lions, cerfs, singes, baleines…) étonne par le manque d’audace. Le cinéaste, qui nous offre pourtant de nobles plans, échoue quand il s’agit de captiver au-delà de la bonne bouille de ces pauvres bêtes qui méritaient sûrement un minimum de prise de risque dès l’écriture du scénario, puisque pour pareille entreprise, il fallait effectivement parier sur un casting animalier défini, et rédiger un script pour offrir la cohérence essentielle qui rendrait la démarche captivante pour le spectateur de plus de 16 ans.
Les animaux amoureux recycle la vie
Mais, passant d’une bestiole à une autre sans réel souci de cohérence, le documentaire élabore un cycle de la vie que l’on ne connaît que trop bien, avec une mise en scène par trop évidente. Le montage et les répétitions cycliques embarquent le projet dans la monotonie de la répétition et instille le sentiment d’ennui. Fâcheux.
A l’instar de Genesis (2004), Bononos (2011) ou de Les saisons (2016), Les animaux amoureux appartient aux échecs d’un genre que l’on a connu bien plus excitant.
Critique de Frédéric Mignard

