Grizzly : la critique du film documentaire (2014)

Documentaire animalier | 1h18min
Note de la rédaction :
6/10
6
Grizzly (Bears), affiche cinéma

  • Réalisateur : Keith Scholey Alastair Fothergill
  • Date de sortie: 05 Nov 2014
  • Nationalité : Américain
  • Titre original : Bears
  • Compositeur : George Fenton
  • Société de production : Disneynature
  • Distributeur : The Walt Disney Company France
  • Éditeur DVD & blu-ray : Walt Disney Home Entertainment
  • Date de sortie DVD, blu-ray, VOD 5 juin 2015, à l’occasion de la Journée Mondiale de l’Environnement
  • Box-office France / Paris-Périphérie : 404 353 entrées* / 93 185** (* chiffres définitifs, ** en 6 semaines)
  • Box-office USA : 17 780 194$
  • Format : 1.85 / Dolby SR-SRD
Note des spectateurs :

Les ours comme vous ne les avez jamais vus : imposant et majestueux, mais à portée de caresse, dans des paysages naturels sublimes. Grizzly est une expérience revigorante adaptée au public familial en manque de sortie verte.

Synopsis : Une année de la vie d’une famille de grizzlys en Alaska, et leur interaction avec la faune voisine : loups, saumons, orques… Dans des paysages grandioses, on découvre la vie trépidante de ces animaux emblématiques, pour répondre à la question suivante : Comment le grizzly peut-il être, dans notre inconscient collectif, à la fois un animal féroce et le symbole de l’animal rassurant pour tous les enfants du monde ?

Critique : Cinquième avatar Disneynature en France, Grizzly est un produit maison pur jus. Le distributeur ne s’en cache pas, avec une affiche qui reprend le visuel exact (profil d’animaux sur fond blanc) de Félins, le plus gros succès de la maison en matière de documentaire animalier.

Le territoire des ours

L’enjeu est de poids pour Disney, imposer une histoire déjà portée à l’écran en février de la même année 2014, par le Français Guillaume Vincent. Terre des ours, flop notable en France (91.000 entrées quand Grizzly finira au-dessus des 400 000), racontait à peu près le même récit que celui de Grizzly, mais transposé en Russie. La version mieux budgétée de Disney Nature pose sa caméra dans les superbes paysages d’Alaska. Dans les deux films, on suit le parcours d’ours, du réveil à la tanière jusqu’aux bords de lacs gorgés de saumons, à un moment unique de l’année où la concentration de ces rares et gigantesques mammifères interpelle.

Sky et Tikaani dans Grizzly de Disneynature

Personnages : Sky – Tikaani – © 2014 The Walt Disney Company (France) S.A.S

Grizzly par un maître du documentaire animalier

Ce cycle de la vie, de la naissance dans la tanière lorsque la maman hiberne, jusqu’au retour au bercail pour y sommeiller quelques mois, profite d’atouts plus immédiats pour le film Disney. Coréalisé par Alastar Fothergill, habitué doué dans le genre (Un jour sur Terre, Planète bleue, Félins, Chimpanzés), cet énième récit initiatique qui vient prendre le pouls de notre Terre, dans des recoins à l’abri des hommes non conviés à survivre dans ces reliefs et climats extrêmes, revêt des images splendides. La caméra approche, dans l’anonymat, des créatures sublimées (pelage, pattes, voire grosses papattes, petites gueules adorables d’oursons de Noël ou grosses truffes d’ours mal léchés…), avec un souci de proximité qui force l’épate. Mais le cadre, moins rugueux, plus cinématographique que les plateaux du Kamchatka, nous contraint à une admiration sans limite face à la beauté de paysages époustouflants.

Alors c’est vrai, cette extase naturelle, pas vraiment cruelle ici (on reste chez Disney) mériterait sûrement une musique plus lyrique, une musique de Michael Nyman par exemple, plutôt que la partition pseudo-épique et impersonnelle, proposée ici pour illustrer les péripéties de ces animaux.

Disneynature sur CinéDweller, tous les films

Copyrights : Disneynature – The Walt Disney Company

Une narration trop pédagogique

Même si on apprécie bien plus ce Grizzly aux images incroyables de majesté, parfois même humoristiques dans leur captation d’instants incongrus, que Terre des ours, dont on trouvait déjà la proximité avec l’animale formidable, on calmera son enthousiasme sur la narration un peu pédagogique ; elle construit un suspense que les adultes sauront déboulonner en deux minutes, face à l’introduction du danger, en la présence de loups insolites, ou d’avertissements constants sur la probable mort des oursons faibles si leur mère ne parvient pas à stocker suffisamment de graisse pour l’hiver. Les rouages des bons sentiments sont vite oubliés face à l’immensité faite nature qui convoque des sentiments d’humilité certains.

Frédéric Mignard

Sorties de la semaine du 5 novembre 2014

Grizzly (Bears), affiche cinéma

© 2014 The Walt Disney Company (France) S.A.S

Les ours au cinéma

Box-office :

Grizzly n’a pas eu la carrière de Félins (784 000 entrées), ni même de Chimpanzés (470 000), mais le film reste une belle aventure pour Disneynature, avec 404 000 spectateurs, loin devant le premier film de la filiale écolo de Walt Disney Pictures. On se souvient qu’en 2008, Les ailes pourpres, le mystère des flamants avait déployé ses ailes devant seulement 248 000 oisillons, dans une combinaison majestueuse de 467 cinémas, et ce pendant les vacances de Noël.

Dans 247 cinémas, Grizzly a interpelé 164 000 oursons en première semaine. La chute a été certes rude les semaines suivantes, ne sortant que 68 000 mammifères de leur tanière en seconde semaine, puis 39 000 animaux mal léchés, 26 000 clients en 4e semaine… Mais avec un regain d’écrans en 5e semaine (il passait curieusement à 275 cinémas), le documentaire avait pu se stabiliser en 5e semaine (18 000, puis 22 000, 24 000), avant de s’effondrer pendant les fêtes de Noël 2014 en raison de la concurrence des films de saison (Paddington, Le Hobbit 3, Les pingouins de Madagascar, et le documentaire animalier Nature de Neil Nightingale et Patrick Morris).

x