Waxwork : la critique du film et le test blu-ray (1989)

Fantastique, Épouvante, Horreur | 1h35min
Note de la rédaction :
5/10
5
Jaquette vidéo de Waxwork

Note des spectateurs :

Waxwork est une série B Vestron qui démontre la transition délicate entre le cinéma de genre des années 80 et celui des années 90. Le plaisir ressort du casting et de la pléiade de monstres, mais l’image de cette époque est écornée par son image laide, peu appréciable pour les amoureux de cinéma que nous sommes. 

Synopsis : Dans une petite ville de banlieue américaine, le mystérieux David Lincoln ouvre un musée de cire consacré aux monstres légendaires issus du folklore fantastique. Un groupe d’étudiants est invité par le propriétaire à une visite nocturne des lieux. Une fois à l’intérieur, les jeunes découvrent les scènes reproduisant les forfaits de ces créatures, sans se douter que chacune d’entre elles est en réalité un portail dimensionnel conduisant à leur repaire. Lincoln compte bien ramener à la vie chacune de ces entités maléfiques et sacrifier, dans ce but, ses visiteurs…

Critique : Prix de la Peur à Avoriaz en 1989 (un comble pour une œuvre qui ne file nullement la pétoche), Waxwork intervient à une époque difficile pour le cinéma de genre qui est happé par les étales des vidéo-clubs. Les studios ne sortent plus de films d’épouvante, à quelques rares exceptions près, des Freddy, Vendredi 13 (et encore, le VIIIe est inédit en France, en salle !), ou des adaptations de Stephen King.

Exit les séries B de Charles Band, les produits underground, les slashers et autres produits dégénérés d’une époque révolue… le câble aux États-Unis, les DTV en vidéo-cassette, le home cinéma et la télévision sonnent quasiment l’arrêt de mort du genre pendant quelques années alors que la crise du cinéma fait fermer tous les cinémas de quartier et des villes de moins de 20 000 habitants, où se situait le public dit populaire. Même le fameux festival du cinéma fantastique d’Avoriaz en est à compter ses heures.

Waxwork, cover Metropolitan FilmExport

© 1988 Vestron Pictures All Rights Reserved © 2016 Lions Gate Entertainment, Inc. All Rights Reserved

En janvier 1989, Waxwork, qui venait de connaître un succès en VHS aux USA (d’où un sequel dans les 3 ans) et une sortie salle dérisoire, se prédestine déjà à une carrière en vidéo en France. Dans la section Peur d’Avoriaz, il doit affronter Dream Demon, Hellraiser 2, Phantasm 2, The Kiss, La main du saigneur… Mais le cœur n’y est plus pour personne. Tout le monde sait qu’aucun distributeur ne sortira cette production un peu télévisuelle dans la texture qui rappelle pour beaucoup le médiocre Retour des morts vivants 2 (1988).

La production Vestron International Group est vendue au Marché du film à Cannes, en 1988, avec Young Guns, Class of 1999, Paperhouse, Parents et le Backtrack de Dennis Hopper. L’impact en France sera léger. Un petit article dans Mad Movies, une VHS Vestron-Delta Vidéo qui fonctionne rondement… La promo est basée sur des affiches dans les vidéo-clubs, un article dans Actua Vidéo et le mensuel Vidéo 7, cela sera tout.

Anthony Hickox, réalisateur du produit, qui signe son premier film, avant de finir dans le nanar en série, s’en sort plutôt bien. Le fils de Douglas, oui, le réalisateur du gothique Théâtre de sang dans les années 70, s’inscrit dans les pas de son père, avec le tempérament et la fougue de sa jeunesse, mais aussi de sa génération d’acteurs (Zach Galligan de Gremlins, la superbe Michelle Johnson et le ténébreux Dana Ashbrook, l’une des futures vedettes de Twin Peaks.

Pour faire honneur à son Britannique de père, Anthony Hickox engage quelques vieux routiers du genre, David Warner, Patrick Macnee (alias John Steed, dans la série télé Chapeau melon et bottes de cuir)… On se sent à l’aise dans cet univers de cire et de pacotille, car le budget est au plus bas.

Michelle Johnson, sexy, dans le premier Waxwork

© 1988 Vestron Pictures All Rights Reserved © 2016 Lions Gate Entertainment, Inc. All Rights Reserved – Photo proposée par Metropolitan FilmExport (2013)

L’idée de reproduire un musée de cire pour teenagers des années 80, égarés le temps d’une visite nocturne dans un autre monde, est attrayante. D’ailleurs les protagonistes ironisent sur le côté old school de la soirée alors qu’ils pourraient tous être en train de consommer… de la vidéo chez eux. La mise en abîme propulse les spectateurs et surtout les gentilles têtes à claques de l’époque, individuellement, vers des univers parallèles, avec tout le folklore du cinéma gothique britannique. Waxwork, à l’instar de Spookies (1986)  ou Monster Squad, rassemble du lourd. Vampires, loups-garous, zombies et fantasmes fétichistes d’un marquis de Sade… Le mélange entre film pop et à costumes peut dérouter, mais s’avère par moment savoureux. La Nuit au musée avec Ben Stiller, chez la Fox, saura revenir sur cette brillante idée, quand La maison de cire de Jaume Collet-Serra en 2005, pour Warner, y empruntera quelques idées également.

Scénographie de WaxWork aux Editions du Chat qui fume

© 1988 Vestron Pictures All Rights Reserved © 2016 Lions Gate Entertainment, Inc. All Rights Reserved – Edition 2019 : Le chat qui fume, design Frédéric Domont

Nonobstant, malgré le capital de sympathie que Waxwork impose, le filmage de cette fin de décennie pique les yeux, avec des effets visuels approximatifs et un éclairage hideux. Les séries B destinée à la vidéo, entre 1988 et 1994, étaient souvent visuellement à vomir, loin de la texture cinématographique que l’on peut connaître aujourd’hui ou que l’on a aimée pendant des décennies auparavant… Du classique Universal des années 30 aux films de la Hammer des années 60, jusqu’aux productions tranchées des années 70, Waxwork n’a rien de tout cela et dispose du filmage nineties, ringard avant même d’être arrivé en fin de mode.

En 2020, ce premier film d’Anthony Hickox (les très mauvais Warlock 2, Hellraiser 3...) est un témoignage d’époque qui parlera surtout à ceux qui avaient entre 10 et 16 ans en 1989 : des spectateurs mélancoliques qui, après tout, ont le droit de célébrer également le cinéma de leur adolescence. Waxwork n’est pas le pire de cette époque, loin de là.

Acheter le DVD et blu-ray

Bandeau le chat qui fume

L’édition blu-ray du Chat qui Fume

Après une édition VHS en 1990 (Delta-Vestron), et une sortie DVD en 2013 chez Metropolitan, Waxwork revient lifté par les talents du Chat qui fume, qui limite toutefois les suppléments, tout en soignant le packaging, via le travail de Frédéric Domont. Edition limitée à 1 500 exemplaires.

Suppléments : 2 / 5

Un vrai making-of d’époque complète le film. Tourné pour la promotion du film en 1988, ce document de 24 minutes a une valeur historique. Il est intéressant, avec du recul, de voir comment le cinéaste avait misé sur Zach Galligan, avec lequel il tournera souvent, mais dont il deviendra finalement l’un des seuls employeurs, tant la carrière du comédien se résumera à pas grand-chose après les deux Gremlins. Témoignage d’une époque, on vous dit.

On regrettera par contre le point de vue contemporain d’un spécialiste tant le film avait manqué d’exposition lors de sa sortie française. Mais les fans d’Hickox ne sont pas nombreux, il est vrai.

Image : 3.5 /5

Blu-ray  sans audace. L’image appuie sur les contrastes, mais la source de travail demeure très perfectible. Néanmoins, on s’en contera largement. Aucune copie du film jusqu’à présent n’avait été satisfaisante, et surtout pas celle proposée par Metropolitan FilmExport, avant que Lions Gate ne rachète la franchise.

Le son : 3/ 5

C’est une première en France, Waxwork est enfin accompagné de sa piste originale (en DTS HD Master Audio 2.0). Metro, en 2013, avait édité, contre toute attente, un DVD disposant exclusivement du doublage français, celui de la cassette vidéo… Que l’on retrouve ici, également. Et il n’y a pas “audio”, la dynamique de la version originale et la pertinence des voix rehaussent le film.

Critique + test vidéo : Frédéric Mignard

Poster américain de Waxwork d'Anthony Hickox

© 1988 Vestron Pictures All Rights Reserved © 2016 Lions Gate Entertainment, Inc. All Rights Reserved

Biographies +

Anthony Hickox, Zach Galligan, David Warner, Patrick Macnee, Michelle Johnson, Dana Ashbrook, Miles O’Keeffe, Deborah Foreman

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