L’equilibrio est un drame humain qui déracine le mal au plus profond de la communauté avec un aspect documentaire qui donne davantage de poids à son approche de la gangrène mafieuse, jusqu’aux portes de l’Eglise.
Synopsis : Ancien missionnaire en Afrique, le père Giuseppe se fait transférer dans une petite ville près de Naples. Il y remplace le curé local, Don Antonio, dont le charisme et le combat contre l’élimination illégale de déchets toxiques lui ont valu le respect de la communauté. Giuseppe se révèle un digne successeur, luttant contre toutes sortes d’injustices, mais celui-ci se heurte rapidement à la dure réalité locale…

© Cinemaundici, Lama Film, Rai Cinema, Les films du Camélia (distributeur France), Warner Bros (distributeur Italie)
Un prêtre dans la mafia
Critique : Vincenzo Marra, cinéaste italien méconnu, n’a jamais réussi à percer en France, dans son cinéma de l’intime et du social, alternant à la fois documentaire et fiction. Avec L’Equibrio, il trouve justement l’équilibre entre la description naturaliste d’un milieu napolitain, d’une communauté gangrenée par la mafia locale, la drogue, une virilité abjecte et la fiction d’un combat pour remettre de l’humain et de la foi, au cœur d’une société qui avec foi, mais sans loi si ce n’est celle du silence.
L’equilibrio ou la loi du silence à ne pas briser
La notion d’équilibre articule le film entier : l’on demande au Père qui vient replacer le curé d’une petite paroisse, de ne pas faire de vague, lui qui dénonce violences, injustices, et mise en danger directe de ses apôtres. La pègre locale impose sa propre balance, celle de la peur, de la coercition, de la loi du silence… La connivence de l’Eglise qui, dans le drame, trouvera des coupables chez ceux qui essaient de rompre avec la culture du silence, et le manque de courage de la police sont autant de manifestations d’un système déliquescent qui fait apparaître au grand jour la défaillance des autorités, religieuses et étatique.

© Cinemaundici, Lama Film, Rai Cinema, Les films du Camélia (distributeur France), Warner Bros (distributeur Italie)
Grâce à Dieu
Dans ce drame juste, touchant, où la musique évoque parfois Sigur Ros comme pour trahir l’irréalité de situations de banditisme et de corruption qui nous paraissent d’un autre temporalité, l’interprétation résonne fort.
Tout un art que le cinéaste a su bâtir en trouvant les bons dosages, ceux qui n’assèchent pas les sentiments sans tomber dans le mélodrame larmoyant, ceux du film de mafia social qui ne perd rien de son ancrage social et humain si nécessaire pour comprendre les rouages de ces microcosmes révoltants.
L’Equilibrio est à n’en pas douter une oeuvre forte.
Critique : Frédéric Mignard
Sorties de la semaine du 25 décembre 2019

Affiche – Artwork StudioCGrafite Roma – © Cinemaundici, Lama Film, Rai Cinema, Les films du Camélia (distributeur France), Warner Bros (distributeur Italie)