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Grande dame du cinéma hongrois, Mari Töröcsik, deux fois primée à Cannes, a tourné avec les plus grands réalisateurs de son pays, de Zoltán Fábri à Márta Mészáros en passant par Miklós Jancsó et Károly Makk.

Un petit carrousel et une grande carrière

Mari Töröcsik a été formée à l’École supérieure d’art dramatique et cinématographique de Budapest. Elle se partagera entre le cinéma et la scène, membre du Théâtre national de Budapest de 1958 à 1978 et de 2002 à sa fin de carrière. Elle devient célèbre dès son premier film, Un petit carrousel de fête (1956) de Zoltán Fábri, en compétition officielle au Festival de Cannes. Un beau rôle de jeune fille soumise qui se rebelle contre l’autorité patriarcale, et une scène récurrente inoubliable, lorsqu’elle s’envole sur un manège, ivre d’un bonheur furtif. Elle est ensuite la vedette de plusieurs films importants du cinéma hongrois, comme Deux vœux (1957) de Márton Keleti, Fleur de fer (1958) de János Herskó et Alouette (1964) de László Ranódy.

On retrouve Mari Töröcsik à l’affiche de Silence et cri (1968) de Miklós Jancsó, Dis-moi bonjour (1969) de Sándor Simó et surtout Amour (1971) de Károly Makk, qui lui permet d’obtenir (avec sa partenaire Lili Darvas) un prix d’interprétation à la section Un Certain Regard du Festival de Cannes. Elle y incarne avec délicatesse l’épouse d’un prisonnier politique, soucieuse de préserver un amour plus fort que l’inhumanité d’une société étouffante. Mari Törocsik illumine ensuite Paysage mort (1972) d’István Gaál, pour lequel elle gagne un second prix d’interprétation au Festival de Karlovy Vary, treize ans après Kölyök (1959) de Mihály Szemes et Miklós Markos.

Mari Törocsik et la consécration cannoise

Elle retrouve ensuite Makk pour Jeux de chats (1974) et Jancsó avec Pour Électre (1974), avant de jouer une célèbre comédienne hongroise dans Où êtes-vous madame Déry ? de Gyula Maár, son époux. Le film se retrouve en compétition officielle au Festival de Cannes 1976 et Mari Töröcsik y gagne le prix d’interprétation féminine (ex æquo avec Dominique Sanda dans L’héritage de Bolognini). Les deux époux se retrouvent pour Teketória (1977) qui vaut à Töröcsik le prix de la meilleure actrice au Festival de Taormine.

À partir des années 80, Mari Töröcsik tourne davantage pour la télévision. On la revoit toutefois pour des seconds rôles dans Daniel prend le train (1983) de Pál Sándor, Music Box (1989) de Costa-Gavras, Le violon de Rotschild (1996) d’Edgardo Cozarinsky ou Sunshine (1999) d’István Szabó. Et elle revient en tête d’affiche pour Long crépuscule (1997) d’Attila Janisch. Mari Törocsik est toujours en activité dans les années 2000 et 2010, tournant notamment avec Fabio Carpi, Pál Sándor et Márta Mészáros, qui lui offre un dernier grand rôle dans Aurora Borealis : Északi fény (2017).

Mari Töröczik avait été lauréate d’un prix pour l’ensemble de sa carrière décerné au Festival de Transylvanie en 2012. Elle est décédée le 16 avril 2021 à l’âge de 85 ans.