Note des spectateurs :

Lauréat de deux César, Claude Brasseur a mené un brillant parcours au cinéma, au théâtre et à la télévision. Il a tourné avec Franju, Godard, Yves Robert…

Un enfant de la balle

Acteur français, Claude Brasseur est le fils du grand Pierre Brasseur (1905-1972) et de l’actrice et écrivaine Odette Joyeux (1914-2000). Il débute au théâtre au milieu des années 50. Il y mène un beau parcours, de Judas de Marcel Pagnol, mis en scène par Pierre Valde au théâtre de Paris (1955), à L’indigent philosophe de Marivaux, mis en scène par Christophe Lidon au théâtre de l’Atelier (2017). Dès 1956, il tourne pour le cinéma de manière régulière, sans obtenir de grands rôles. Il rencontre davantage d’écho à la télévision durant les années 60 (Dom Juan ou le Festin de Pierre, de Marcel Bluwal, 1965).

Au cinéma, on peut le voir dans Rue des prairies (La Patellière, 1959), Germinal (Allégret, 1963), Un homme de trop (Costa-Gavras, 1967) ou La chasse royale (Leterrier, 1969). On le remarque en jeune inspecteur de police dans Les yeux sans visage (Franju, 1960) dont le rôle principal est tenu par son père, et il compose un pathétique amant manipulateur dans Les menteurs (Gréville, 1961). Claude Brasseur donne en outre donne sa contribution à la Nouvelle Vague avec Bande à part (Godard, 1964), aux côtés d’Anna Karina et Sami Frey.

Dans les années 70, Claude Brasseur assoit sa notoriété avec la série télévisée Vidocq (1971-73) et se fait remarquer en jeune héritier indigne dans Le viager (Tchernia, 1972). Toutefois, à partir du succès des Seins de glace (Lautner, 1973), il va devenir une vedette récurrente du grand écran, tournant de très nombreux succès. Il est notamment à l’affiche de L’agression (Pirès, 1975), L’état sauvage (Girod,1978) et L’argent des autres (de Chalonge, 1978). Claude Brasseur obtient le César du meilleur acteur dans un second rôle pour Un éléphant, ça trompe énormément (Robert, 1976) et Le grand escogriffe (Pinoteau, 1976). Nommé au César du meilleur acteur pour Une histoire simple (Sautet, 1978), il obtient le trophée avec La guerre des polices (Davis, 1979). Il devient dès lors une valeur sûre au box-office du cinéma français des années 80.

VHS Descente aux enfers de Girod (Proserpine)

© 1986 Studiocanal / Affiche : Philippe. / © 1987 VHS Proserpine Tous droits réservés

Claude Brasseur, acteur bankable des années 80

Il continue sur sa lancée en incarnant le père de Sophie Marceau avec La boum (Pinoteau, 1980) et sa suite, qui confirme son statut. Il enchaîne avec Une affaire d’hommes (Ribowski, 1981), Légitime violence (Leroy, 1982), La crime (Labro, 1983), Signes extérieurs de richesse (Monnier, 1983), Le léopard (Sussfeld, 1984), Détective (Godard, 1985), Les loups entre eux (Giovanni, 1985), La gitane (de Broca, 1986), Descente aux enfers (Girod, 1986), Radio corbeau (Boisset, 1989) et L’orchestre rouge (Rouffio, 1989).

Les années 90 lui sont moins favorables, mais il excelle en Joseph Fouché dans Le souper (Molinaro, 1992), d’après la pièce de Jean-Claude Brisville qu’il a jouée sur scène avec Claude Rich. On le remarque aussi dans Délit mineur (Girod, 1994) et L’autre côté de la mer (1997), premier long métrage de Dominique Cabrera présenté à la Quinzaine des Réalisateurs.

Désormais, on va surtout le retrouver au théâtre et à la télévision. Au cinéma, il participe encore à La débandade (Berri, 1999), Malabar Princess (Legrand, 2004), Fauteuils d’orchestre (Thompson, 2006), Camping 1, 2 et 3 (Onteniente, 2006-2010-2016) et L’étudiante et Monsieur Henri (Calbérac, 2015). Il se retire en 2018.

Claude Brasseur est décédé le 22 décembre 2020 à l’âge de 84 ans.

Nos critiques des films de Claude Brasseur

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Virgile Dumez