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Fernando Solanas fut une personnalité importante du cinéma argentin. On lui doit notamment des documentaires engagés comme L’heure des brasiers, modèle du genre.

Un cinéaste engagé sur les plans thématique et formel

Réalisateur et homme politique argentin, Fernando Solanas devient à la fin des années 60 l’un des fondateurs de Cine Liberación. Ce mouvement veut s’inscrire en opposition au cinéma hollywoodien jugé dominant, mais aussi au cinéma européen, alors marqué par les nouvelles vagues, que Solanas n’estime pas assez radicales sur les plans esthétique et surtout politique.

Son premier long métrage, L’heure des brasiers (1968), est un documentaire de plus de quatre heures, vaste fresque défendant une idéologie de type révolutionnaire. Présenté au Festival de Cannes 1969, le film est un sommet du genre. Il sort en Argentine en 1973, avant d’être interdit par la dictature.

Le Fils de Fierro (1978) passe plus inaperçu, mais cette fiction adaptée d’un poème épique de José Hernández confirme l’originalité de son style. Contraint à l’exil en raison de la dictature, Fernando Solanas revient dans son pays au milieu des années 80. Il réalise Tangos, l’exil de Gardel (1985), coproduction franco-argentine, récit de la vie d’Argentins exilés à Paris, avec Marie Laforêt, Philippe Léotard, Marina Vlady et Georges Wilson. Le film obtient le Prix spécial du Jury au Festival de Venise et le César de la meilleure musique décerné à Astor Piazzolla et José Luis Castiñeira de Dios.

Fernando Solanas primé à Cannes, Berlin et Venise

Dans la lignée de cette œuvre, Le Sud (1988) est un hymne à la liberté, hommage au courage du peuple argentin. Ce beau poème mélancolique est récompensé par le prix de la mise en scène à Cannes. C’est également en sélection officielle cannoise qu’est présenté le drame Le voyage, en 1992. Fernando Solanas occupe ensuite des responsabilités politiques, député de centre-gauche de 1993 à 1997, puis sénateur en 2013.

Il revient au cinéma avec le drame Le nuage (Mostra de Venise 1998), suivi par des documentaires engagés sur la crise économique argentine et les politiques gouvernementales. Les plus connus sont Mémoire d’un saccage (Ours d’honneur à la Berlinale 2003), La dignité du peuple (Mostra de Venise 2005) et Le grain et l’ivraie (Berlinale 2018). Ce dernier long métrage est un brûlot contre les OGM et l’utilisation intensive des agrotoxiques.

Fernando Solanas est décédé à Paris du Covid-19, le 6 novembre 2020, à l’âge de 84 ans. Son fils, le réalisateur Juan Solanas (Femmes d’Argentine, Quinzaine des Réalisateurs 2019), a repris le flambeau.

Affiche de Le Sud de Fernando Solanas

Crédit visuel :   Guy Peellaert © 1988. – Productions Pacific. Tous droits réservés.