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Wojciech Pszoniak fut l’un des grands acteurs polonais. Il a collaboré avec Jerzy Kawalerowicz, Agnieszka Holland et surtout Andrzej Wajda qui lui avait notamment confié le rôle de Robespierre dans Danton.

Du théâtre polonais à la scène parisienne

Né à Lwów (aujourd’hui Lviv en Ukraine), Wojciech Pszoniak apprend la musique dans sa jeunesse et se produit dans des orchestres militaires, avant de jouer dans des théâtres amateurs et des cabarets. Formé à L’École nationale supérieure de théâtre Ludwik-Solski, dont il sort diplômé en 1968, il devient un grand nom de la scène polonaise et dispense des cours d’art dramatique à l’Académie de théâtre Alexandre-Zelwerowicz. S’il débute à la télévision en 1965, c’est le cinéma qui élargit son audience. Andrzej Zulawski en fait une vedette en lui confiant le rôle de l’étranger dans son drame horrifique Les diables (1972). Il collabore ensuite avec Andrzej Wajda.

Wojciech Pszoniak apparaît ainsi en journaliste dans Les noces et incarne le juif Moryc Welt dans La terre de la grande promesse (1975), aux côtés deux autres grands comédiens polonais, Daniel Olbrychski et Andrzej Seweryn. On le croise aussi dans Le tambour (1979) de Volker Schlöndorff, Palme d’or à Cannes, et Golem (1980), film de science-fiction signé Piotr Szulkin. Dans les années 1980, Wojciech Pszoniak s’installe en France, fuyant le régime du général Jaruzelski. Wajda qui connaît un semblable exil lui donne alors son rôle le plus célèbre, celui de Robespierre dans Danton (1983), dans lequel il partage l’affiche avec Gérard Depardieu. L’acteur est excellent dans un récit qui établit le parallèle entre la Terreur de 1794 et la situation polonaise de 1982.

Wojciech Pzoniak, acteur familier du cinéma européen

Pszoniak alterne ensuite premiers et seconds rôles, protagoniste d’Austeria (1983) de Jerzy Kawalerowicz, soutien du joueur d’échecs dissident dans La diagonale du fou (1984) de Richard Dembo, juge dans Le testament d’un poète juif assassiné (1988) de Frank Cassenti, ou Vivaldi dans Rouge Venise (1989) d’Étienne Périer. On le voit également dans le film allemand Amère récolte (1985), de sa compatriote Agnieszka Holland, et dans des métrages signés Gérard Krawczyk, Pierre Boutron ou Claude Zidi.

À la décennie suivante, Wojciech Pszoniak retrouve Wajda (réalisateur) et Holland (scénariste) avec le rôle-titre de Korczak (1990), biopic germano-britannico polonais. Il ne cesse ensuite de tourner, colonel dans Vent d’est (1993) de Robert Enrico, père de Patrick Braoudé dans Deuxième vie (2000), prêtre dans Vipère au poing (2004) de Philippe de Broca, ou recteur dans Robert Mitchum est mort (2011) d’Oliver Babinet et Fred Kihn. Sa dernière apparition à l’écran est dans le thriller Si tu voyais son cœur (2017) de Joel Chemla, auprès de Gael García Bernal et Marine Vacth. Wojciech Pszoniak est en outre toujours resté fidèle à la scène, où il collabora notamment avec Claude Régy au Théâtre national de Chaillot.

Wojciech Pszoniak est décédé le 19 octobre 2020 à Varsovie, à l’âge de 78 ans.

Crédit visuel : © 1983 Gaumont, Les Films du Losange. Tous droits réservés.