Note des lecteurs

Le sixième album de Bertrand Belin est juste une merveille d’ambiance planante et de paroles insensées, sur un soupçon de nonchalance propre à l’artiste aux talents pluriels, qui certes, ne se renouvelle pas, mais enchante.

Sortie le 25 janvier 2019
Label : Cinq 7 / Wagram Musique

Label Cinq 7 / Wagram Musique

Critique : Parallèlement à l’affiche, au cinéma, de la comédie rohmérienne et décalée Ma vie avec James Dean, dont il a signé la bande-originale, Bertrand Belin propose parallèlement un nouvel album. 
Avec Persona, qui le mène en tournée française depuis février 2019, et qui l’a conduit à Paris, à l’Olympia, le 11 avril, le Breton a largement donné un aperçu de son opus de 13 morceaux au gré de singles qui nous ont laissés Sur le cul, pour reprendre le titre de l’un d’entre eux, et non des moindres. Oui, la remarque est facile, mais néanmoins reflète un plaisir authentique ressenti lors de la découverte progressive des premiers morceaux connus, Choses nouvelles, et ses nuits à parler seul qui nous ont fait perdre le sommeil, Glissés redressés et sa somptueuse progression orchestrale qui reprend le vol des canadairs sur la Côte Vermeille, ou encore Nuits bleues, et ses nappes de synthé qui surfe sur des textes célestes. C’est d’ailleurs le titre choisi pour servir à la dernière minute de promo à l’album.

Le 6e album de Belin se compose d’autres moments de beauté musicale et textuelle qui imprègnent les sens : le rythme emballant et sombre de De Corps et l’esprit, en est l’exemple le plus frappant. L’entêtant Grand Duc porte un regard obsédant sur la société, frappé d’humeurs Moroder et de l’absurde de ses textes. Camarade, oublie l’oiseau de nuit pour une métaphore canine, et une consistance sociale qui, en quelques mots, assoit un discours fort.
Dire que l’on succombe aux fumées de Bronze n’est qu’une évidence tant on se dissipe au gré de sa musique aérienne. Pas de doute, le nouveau Belin est bien le digne successeur de Cap Waller. L’attente fut longue, mais le régal est total.

Critique de Frédéric Mignard