Note des lecteurs

Après la blaxploitation des années 70, il faut attendre Spike Lee dans les années 80 et John Singleton dans les années 90 pour que la communauté afro-américaine puisse retrouver un cinéma réalisé par des cinéastes noirs, sur des thématiques qui les touchent.

Fort de la culture du hip hop, qui lui vaudra d’engager le mythique Ice Cube, Singleton éclate en 1991 avec Boyz’n the hood, la loi de la rue, qui est dévoilé à Cannes et ne sortira en France qu’en septembre. Cette incursion dans les ghettos de Los Angeles servira de modèle pour tout un cinéma de genre urbain et Mathieu Kassovitz saura s’en inspirer pour réaliser La Haine, en 1995. L’indie movie révèle également l’acteur Cuba Gooding Jr .

Mort de John Singleton

Malheureusement décédé en avril 2019 à l’âge de 51 ans, Singleton n’aura pas eu la renommée qu’il mérite. Si l’on connaît tous la vidéo pour Michael Jackson Remember the time, sa filmographie en tant que cinéaste est confuse, malgré des débuts engagés prometteurs : Poetic Justice ne sera vu, en 1993, que par une poignée de fans de Janet Jackson qui en est l’héroïne, Fièvre à Colombus University, avec Omar Epps, Ice Cube, Fishburne, Jennifer Connelly et Regina King, passe totalement inaperçu en 1995. Sa peinture d’une tragédie raciste américaine, Rosewood, ne connaît même pas la voie de la distribution en France en 1997, alors qu’il s’agit de l’un de ses opus les plus engagés, et son remake de Shaft, classique des années 70, avec Samuel L. Jackson et Vanessa Williams, était assez mitigé.

En 2001, il dirige Tyrese Gibson et Snoop Dogg dans Baby Boy (sortie en catimini), et il perd de son identité avec une série de productions hollywoodiennes plus commerciales : le premier sequel de Fast and Furious est aussi le pire de la saga (2003), Quatre frères avec Mark Wahlberg et Tyrese Gibson et Garrett Hedlund, est un échec mérité, et le pire arrive avec Identité secrète, un film d’espionnage pour adolescents foireux avec… Taylor Lautner de la saga Twilight.

Le crédit cinématographique épuisé, il passe toutes les années 2010 à la télévision, tournant un épisode de Empire ou d’American Crime Story, à peine plus.

Avec du recul, l’on ne peut que regretter une carrière cinématographique avortée, qui aura perdu la verve de ses débuts prometteurs.

Rest in peace John, en un film tu auras marqué un virage dans l’histoire du cinéma américain et tu auras su poser un jalon dans la représentation d’une communauté ethnique sous-représentée à Hollywood, et cela, peu de monde peut s’en enorgueillir.