Midnight Runner : la critique du film (2020)

Drame | 1h32min
Note de la rédaction :
7/10
7
Midnight Runner, l'affiche

  • Réalisateur : Hannes Baumgartner
  • Acteurs : Max Hubacher, Annina Euling, Sylvia Rohrer
  • Date de sortie: 24 Juin 2020
  • Nationalité : Suisse
  • Titre original : Der Läufer
  • Année de production : 2018
  • Scénario : Hannes Baumgartner et Stefan Staub
  • Distributeur : Tamasa Distribution
  • Editeur vidéo : A venir
  • Sortie vidéo : A venir
  • Box-office France / Paris-périphérie : A venir
  • Récompenses : Prix du meilleur film au Zurich Film Awards
  • Crédits affiche : © 2018 Contrast Film - SRF Swiss Radio and Television - Teleclub AG / © 2020 Tamasa Distribution. Tous droits réservés.
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Midnight Runner

Plongée glaçante dans la psyché d’un agresseur en série, Midnight Runner s’inscrit dans la mouvance des premiers Haneke. Une jolie découverte.

Synopsis : Jonas Widmer est l’un des meilleurs coureurs de fond en Suisse. Sa grande ambition est de courir le marathon aux Jeux Olympiques. En parallèle, il est cuisinier et s’apprête à emménager avec sa petite amie, Simone. Mais cette vie bien normée, Jonas la conduit méticuleusement et au prix d’efforts surhumains pour ne pas céder aux pulsions meurtrières qui l’envahissent. Incapable d’exprimer sa souffrance émotionnelle, la vie de Jonas se transforme progressivement en un parcours d’endurance pour ne pas sombrer.

Jonas, portrait of a serial killer

Critique : Inspiré par un fait divers survenu en Suisse au début des années 2000, Hannes Baumgartner a cherché pour son tout premier long-métrage à saisir ce qui peut pousser un être humain à devenir un monstre sanguinaire. Pour cela, il a déplacé l’intrigue à nos jours et a modifié tous les noms, puisque son but n’était pas de relater fidèlement ce fait divers, mais bien d’essayer de pénétrer dans la psyché désordonnée du meurtrier.

Midnight Runner, photo d'exploitation

Photo proposée par le distributeur : © 2020 Tamasa Distribution. Tous droits réservés.

Pour cela, Baumgartner ne donne que le point de vue de l’assassin et observe donc de manière clinique son basculement progressif vers la folie criminelle. Nous sommes donc tout d’abord mis en présence d’un jeune homme bien sous tous rapports qui est un athlète de haut niveau et qui possède une vie normale. Toutefois, une fêlure apparaît petit à petit lorsque l’on apprend que Jonas vient de perdre son frère jumeau qui s’est suicidé quelques mois avant.

Le coureur se perd en chemin !

Petit à petit, la vie de Jonas semble se dérober sous ses pas, lui qui est ironiquement un champion de course à pied. Il perd progressivement la boussole de sa propre vie et se laisse doucement sombrer.

Midnight Runner, photo d'exploitation 2

Photo proposée par le distributeur : © 2020 Tamasa Distribution. Tous droits réservés.

Le réalisateur décrit par le menu cette distanciation lente du jeune homme qui se coupe de son entourage, pourtant aimant. Il se dispute avec sa petite amie, cherche des aventures sans lendemain qui n’ont aucun sens et se coupe de sa famille de substitution (il a été adopté). Par un hasard funeste, il se découvre également une âme de voleur à la tire. Il commence par voler des sacs à main, avant de devenir un agresseur de femmes, puis un tueur implacable.

Visiblement désireux d’être pris, le jeune homme joue un jeu dangereux avec la police et semble donc tout faire pour être appréhendé, comme s’il s’agissait d’un appel au secours.

Un film aussi glacial que son personnage principal

Ce lent basculement d’un être vers la monstruosité est décrit par Hannes Baumgartner avec la minutie d’un entomologiste. Sur les traces de Haneke, auquel on pense beaucoup, le réalisateur novice parvient à installer une atmosphère froide et glaciale, ce qui est facilité par l’absence de toute musique extradiégétique. Il s’inscrit donc dans un courant classique du cinéma germanique (nous sommes ici en Suisse alémanique), qu’il soit allemand ou autrichien, d’une extrême froideur.

Le tout est parfaitement interprété par un Max Hubacher auquel on s’attache immédiatement, avant de déchanter. Toutefois, même si ses actes sont évidemment atroces et condamnables, le réalisateur parvient à nous faire comprendre les désordres intérieurs de cet être brisé, dont l’ego se dissout peu à peu sous nos yeux.

Il s’agit donc d’un premier film tout à fait intéressant, à défaut d’être pleinement original.

La sortie du film était initialement prévue au 18 mars 2020. La fermeture des cinémas pour cause d’épidémie de coronavirus a différé la sortie à une date ultérieure

La fiche du film sur le site du distributeur  

Critique de Virgile Dumez

Sorties de la semaine du 24 juin 2020

Midnight Runner, l'affiche

© 2018 Contrast Film – SRF Swiss Radio and Television – Teleclub AG / © 2020 Tamasa Distribution. Tous droits réservés.

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