Le mariage de Verida : la critique du film (2019)

Drame | 1h34min
Note de la rédaction :
6/10
6
Le Mariage de Verida, affiche officielle du film

Note des lecteurs

A travers un récit dépouillé, Le mariage de Verida s’interroge sur la façon dont les diktats de la beauté féminine, souvent imposés par les désirs masculins, influencent la condition des femmes dans le monde.

Synopsis : Verida est une jeune femme mauritanienne. Elle partage sa vie entre son travail d’esthéticienne dans un salon de beauté et les sorties avec ses amies. Un matin, sa mère lui annonce qu’elle lui a trouvé un mari. Commence alors la tradition du gavage, on lui demande de prendre du poids pour plaire à son mari. Alors que le mariage approche, Verida a de plus en plus de mal à supporter cette nourriture en abondance, le changement de son corps et l’idée de se marier avec un homme qu’elle n’a pas choisi.

Le Mariage de Verida, du documentaire à la fiction

Critique : La réalisatrice italienne Michela Occhipinti s’empare, pour ce premier long-métrage de fiction, d’un thème maintes fois rebattu au cinéma, celui de l’emprisonnement moral d’une jeune femme née du mauvais côté de la terre. Ici, Verida doit non seulement se marier avec un homme qu’elle n’a pas choisi mais en plus se suralimenter pour obtenir les mensurations qui plaisent à ce futur époux. Établissant un parallèle avec les femmes occidentales qui, soumises aux critères de minceur et d’éternelle jeunesse pour répondre à des images de beauté imposée, subissent un embrigadement certes opposé sur le fond mais finalement de même nature, la réalisatrice/scénariste se garde bien de tout jugement sur cette pratique encore assez répandue (même s’il semble qu’elle soit de moins en moins systématique) et évite habilement les clichés afférents à ce type de sujet.

 

Le Mariage de Verida, photo to du film de Michela Occhipinti

© 2019 Vivo film – KMBO

Par souci d’authenticité, elle opte pour une observation détaillée proche de celle du documentaire réduisant à néant toute éventualité de romanesque. S’appuyant par ailleurs sur une réalisation d’un parfait classicisme, elle s’engage dans un récit trop linéaire pour être totalement convaincant.

Réflexion sur le diktat de la beauté imposé par les fantasmes masculins et la société

Entre modernité et traditions, on suit le parcours de Verida dans ce pays où se côtoient aussi bien les produits de produits de beauté vendus dans le magasin de sa grand-mère destinés aux jeunes femmes qui, inspirées par internet ou les magazines venus d’ailleurs, cherchent par tous les moyens à s’éclaircir la peau et à être de plus en plus mince que les étals de viande à l’hygiène douteuse vers lesquels nombre de familles se précipitent pour engraisser les filles les plus soumises. Dans un quotidien répétitif, meublé de détails impropres à faire avancer l’action, les tentatives de Verida pour accéder à la liberté restent bien timides. L’interprétation de la jeune Verida Beitta Ahmed Deiche (dont c’est le premier rôle et qui a vécu l’expérience du gavage), toujours dans la juste tonalité entre résignation et désir de s’en sortir sans offenser personne, ainsi que celle de tous les comédiens amateurs qui l’accompagnent, n’est pas à mettre en cause, tous bénéficiant d’une direction d’acteurs tirée au cordeau.

La scène finale enfin vibrante d’un onirisme inattendu ouvre, dans un décor de toute beauté, la porte d’une libération trop longtemps espérée.

Critique de Claudine Levanneur

Les sorties de la semaine du 4 septembre 2019

Le Mariage de Verida, affiche officielle du film

© 2019 Vivo film – KMBO

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Le Mariage de Verida, affiche officielle du film

Bande annonce du Mariage de Verida

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