Le dernier vice-roi des Indes : la critique du film (2016)

Historique, Politique, Biopic | 1h46min
Note de la rédaction :
4/10
4
Le dernier vice-roi des Indes, affiche du film de Gurinder Chadha

  • Réalisateur : Gurinder Chadha
  • Acteurs : Gillian Anderson, Michael Gambon, David Hayman, Hugh Bonneville
  • Date de sortie: 05 Juil 2017
  • Année de production : 2016
  • Nationalité : Britannique, Indien, Suédois
  • Titre original : Viceroy's House
  • Titres alternatifs : El último virrey de la India (Espagne), Der Stern von Indien (Allemagne), Il palazzo del Viceré (Italie), O Último Vice-Rei (Brésil), Palatul viceregelui (Roumanie), Adeus Índia (Portugal)
  • Scénaristes : Paul Mayeda Berges, Gurinder Chadha, Moira Buffini
  • D'après le roman de Larry Collins et Dominique Lapierre, Freedom at Night
  • Directeur de la photographie : Ben Smithard
  • Monteurs : Valerio Bonelli, Victoria Boydell
  • Compositeur : A.R. Rahman
  • Producteurs : Paul Mayeda Berges, Gurinder Chadha, Deepak Nayar
  • Sociétés de production : Pathe UK, Reliance Big Entertainment, British Broadcasting Corporation (BBC), The British Fim Institute, Bend It Films Limited, Deepal Nayar Productions, Anguille Productions, Filmgate
  • Distributeur : Pathé Distribution
  • Editeur vidéo : Pathé Vidéo
  • Date de sortie vidéo : ‎8 novembre 2017 (DVD, Blu-ray)
  • Box-office France / Paris-Périphérie : 177 445 entrées / 67 783 entrées
  • Box-office nord américain / monde : 1 105 717$ / 11 868 221$
  • Budget : 8 500 000$
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 2.35 : 1 / Couleur (D-Cinema, 35mm) / Dolby Digital
  • Festivals et récompenses : Prix de la Meilleure bande originale aux World Soundtrack Awards 2017, Berlin International Film Festival, Belgrade Film Festival
  • Illustrateur / Création graphique : © Création affiche : Silenzio Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © Pathé Productions Limited - Reliance Big Entertainment Inc. - British Broadcasting Corporation - The British Fim Institute - Bend It Films Limited 2016 Tous droits réservés / All rights reserved
Note des spectateurs :

Dans Le dernier vice-roi des Indes, l’histoire dans tout ce qu’elle a de plus passionnante en est réduite à la platitude télévisuelle et à une romance de soap opéra. 

Synopsis : Mars 1947. Après 300 ans de domination anglaise, le Palais du Vice-Roi à Delhi ouvre ses portes une dernière fois pour accueillir en grande pompe Lord Mountbatten et sa famille.
Petit-fils de la reine d’Angleterre et nommé dernier Vice-Roi des Indes, « Dickie » Mountbatten devra préparer le pays à l’indépendance. Mais la tâche s’avérera bien plus ardue que prévu. Après d’âpres négociations avec Nehru, Gandhi et Jinnah, perturbées par de violents conflits religieux, il n’aura d’autre choix que d’entériner la partition des Indes et la création d’un nouvel état, le Pakistan.
Dans le même temps, Jeet et Aalia, deux jeunes indiens au service du Palais et que la religion oppose, subiront ces évènements et auront à choisir entre leur amour et leur attachement à leurs communautés.
La décision de Lord Mountbatten va provoquer l’un des plus grands déplacements de population de l’Histoire et ses conséquences se font encore ressentir aujourd’hui.

Critique : En traitant le sujet éminemment épineux du redécoupage de l’Inde lors de la décolonisation de l’empire de Sa Majesté, et en pointant du doigt les manipulations des Britanniques pour conforter leurs avantages au détriment des peuples et des confessions plurielles, Le Dernier Vice-Roi des Indes abordait un pan de l’histoire du XXe siècle fondamental pour comprendre le monde d’aujourd’hui et les enjeux géopolitiques qui gangrènent cette partie du globe.

Malheureusement, la réalisatrice indienne Gurinder Chadha (Joue-là comme Beckham), n’était pas le choix le plus opportun pour mettre en place ce biopic sur Lord Mountbatten, interprété par Hugh Bonneville de Downton Abbey, quand on connaît la tendance quelque peu romancée de ses traitements narratifs. Son Coup de foudre à Bollywood, pont jovial entre la romance indienne et le feel-good movie occidental, l’a largement démontré dans le passé. Sur l’escalade de la violence en Inde à la veille des déplacements de population meurtriers provoqués par le retrait des Britanniques, la création de l’état musulman du Pakistan et l’ineptie de nouvelles frontières inévitablement source de rancœurs et de haine ancestrale, le film se fait très lisse, policé, avec des enjeux politiques réduits à des dialogues de cabinet pompeux, mais sans emphase. Certaines hypothèses du film, impliquant Churchill, ont même été pointées du doigt comme fausse par des historiens contemporains.

Le dernier vice-roi des Indes, jaquettes blu-ray

© Pathé Productions Limited – Reliance Big Entertainment Inc. – British Broadcasting Corporation – The British Fim Institute – Bend It Films Limited 2016 Tous droits réservés / All rights reserved

Le flegme britannique, le goût du décorum et des beaux décors, la recherche du romanesque, avec le point de vue d’une jeunesse indienne éprise d’amour, et in fine séparée par la religion, émoussent encore plus une réalité politique qui méritait l’audace coup de poing d’un Jim Sheridan, celui d’Au Nom du Père (1994), pour retranscrire l’insupportable scandale politique qui macule aujourd’hui le Royaume de George VI. Interminable feuilleton soap d’1h47 pour chaumières britanniques, Le Dernier Vice-Roi des Indes, même en programme télévisuel, pâtit de son manque d’acuité psychologique qui fait la force des programmes de la BBC. Un vrai gâchis, même pour les fans de Gillian Anderson qui ne pourront même pas la trouver pas à son avantage en icône Mountbatten tant elle est peu convaincante.

Frédéric Mignard

Sorties de la semaine du 5 juillet 2017

Le dernier vice-roi des Indes, affiche du film de Gurinder Chadha

Création affiche : Silenzio © Pathé Productions Limited – Reliance Big Entertainment (US) Inc. – British Broadcasting Corporation – The British Fim Institute – Bend It Films Limited 2016

Box-office :

Echec mondial, Le dernier vice-roi des Indes a trouvé un petit écho en mars 2017 chez les Britanniques forcément concernés. Mais 5 281 000$ de recettes, c’est peu pour une production locale plutôt coquette. Les cousins australiens suivent en deuxième position des plus grosses recettes après le Royaume-Uni. Ils ont déboursé 2 635 000$. Rien d’exaltant néanmoins.

La France, de son côté, a tout de même trouvé 1 122 370$ pour remplir les caisses de Pathé UK, coproducteur du film. Ne vous affolez pas, cela équivaut juste à 181 335 entrées. Mais dans 126 cinémas, en été, c’est plutôt convenable car le sujet historique n’était pas des plus attractifs pour nos cinéphiles locaux. Tout au long du mois de juillet, en contre programmation, Le dernier vice-roi des Indes s’est assuré une vraie stabilité passant de 56 685 entrées en première semaine à 34 665, puis 25 135, 16 956… Nous n’oublierons pas de souligner que ce film plutôt méconnu, sans grande star ni sélection cannoise, a dû affronter Moi, moche et méchant 3 et dans l’art et essai Le Caire Confidentiel de Tarik Saleh qui fut un gros succès. Néanmoins, avec 126 salles, le biopic a enterré la comédie Loue-moi (138 écrans) et a quasiment fait autant que Les hommes du feu de Pierre Jolivet avec Roschdy Zem qui avait pourtant négocié 310 écrans.

Même si à l’étranger, les recettes du Dernier vice-roi des Indes furent maigres, sur certains petits marchés comme au Portugal ou en Afrique du Sud, le film a plutôt profité d’un bon bouche à oreille.

Frédéric Mignard

Biographies +

Gurinder Chadha, Hugh Bonneville, Gillian Anderson, Michael Gambon, David Hayman

 

 

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Le dernier vice-roi des Indes, affiche du film de Gurinder Chadha

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