Chasseurs de truffes : la critique du film (2021)

Documentaire | 1h24min
Note de la rédaction :
7/10
7
Chasseurs de truffes, l'affiche

  • Réalisateur : Gregory Kershaw Michael Dweck
  • Date de sortie: 21 Juil 2021
  • Nationalité : Américain, Italien, Grec
  • Titre original : The Truffle Hunters
  • Titres alternatifs : -
  • Année de production : 2020
  • Scénariste(s) : Michael Dweck, Gregory Kershaw
  • Directeur de la photographie : Michael Dweck, Gregory Kershaw
  • Compositeur : Ed Cortes
  • Société(s) de production : Beautiful Stories, Artemis Rising Foundation, Bow and Arrow Entertainment, Faliro House Productions, Frenesy Film Company, Go Gigi Go Productions, Park Pictures
  • Distributeur (1ère sortie) : Tandem Films
  • Distributeur (reprise) : -
  • Date de reprise : -
  • Éditeur(s) vidéo : -
  • Date de sortie vidéo : -
  • Box-office France / Paris-périphérie : -
  • Box-office nord-américain : -
  • Budget : -
  • Rentabilité : -
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 1.85 : 1 / Couleurs
  • Festivals et récompenses : Sélection Festival de Cannes 2020
  • Illustrateur / Création graphique : -
  • Crédits : Tandem Films
Note des spectateurs :

Chasseurs de Truffes est un documentaire à l’esthétique soignée, à rebours de son sujet minimaliste, mais attachant grâce à des personnages savoureux.

Synopsis : Dans les forêts secrètes du nord de l’Italie, un petit groupe d’anciens, accompagnés de leurs chiens fidèles, partent chaque année à la recherche d’un trésor : la truffe d’Alba, ingrédient le plus cher au monde. Ces chasseurs de truffes, véritables gardiens de terres menacées, luttent pour protéger leurs traditions et savoirs ancestraux.

Des hommes et des chiens

Critique : Dans la région du Piémont, des vieux perpétuent la « chasse » à la truffe, selon un mode qui paraît figé, hors du temps. La caméra des deux réalisateurs les suit dans leur quotidien le plus prosaïque (repas, visite médicale et, évidemment, promenade en forêt), dévoilant des personnes attachantes, souvent truculentes dans une mosaïque qui va de l’une à l’autre. Milieu fermé, essentiellement masculin : la seule femme, l’épouse du vieux Carlo, apparaît comme une castratrice qui veut empêcher son mari de chasser. En pied de nez, le dernier plan du film le montre faisant le mur de nuit.

Chasseurs de truffes, photo 1

© 2021 Tandem Films. Tous droits réservés.

En dehors de cette femme assez peu sympathiques, ce ne sont que des célibataires qui, certes, se racontent leurs succès passés, mais disent ne rien regretter. Il faut dire qu’ils ont des interlocuteurs de choix : leurs chiens. Des chiens avec qui on mange, on prend son bain, à qui on raconte des anecdotes : « on ferait n’importe quoi pour son chien », dit l’un d’entre eux. Les sentiments semblent leur être tout entiers dédiés : un homme pleure son animal empoisonné ; un autre, qui refuse de dévoiler ses coins à truffes, se préoccupe de ce que deviendra le sien après sa mort.

L’art de capter le quotidien

Le film avance ainsi lentement, délicatement, au rythme de ces chasseurs à la vie paisible. Il s’en dégage un parfum nostalgique, puisque tous ou presque sont âgés et leur secret disparaîtra avec eux. Un monde qui finit, donc, mais remplacé par des gens qu’on ne verra pas, des pilleurs et empoisonneurs sans scrupules, animés seulement par l’appât du gain. Car à ces gens de peu s’oppose un monde d’argent, souvent présenté comme ridicule : les cérémonials prétentieux, les tests en grande pompe ou la dégustation rituelle au son de l’opéra n’ont rien à voir avec la vie « authentique » des chasseurs. Clairement, le cœur des réalisateurs a fait son choix : ils rendent ces derniers sympathiques dans leur faconde et leurs excès.

Chasseurs de truffes, photo 2

© 2021 Tandem Films. Tous droits réservés.

Bien sûr, ce témoignage documentaire, en privilégiant un point de vue, verse parfois dans le schématisme manichéen, mais là n’est pas l’essentiel : c’est plutôt la captation d’un quotidien presque archaïque (les objets modernes en sont exclus, on tape à la machine, on cuit au feu de bois), d’un monde petit, fermé sur lui-même et sur lequel le temps ne paraît pas avoir de prise.

Des plans fixes et composés pour évoquer un monde figé

Pour en souligner la beauté, les réalisateurs ont fait des choix esthétiques : en dehors de deux séquences où elle adopte le point de vue du chien, la caméra est fixe et les plans sont longs, comme si, sur un sujet qui prône la conservation de traditions, il fallait en revenir à l’esprit des Lumières. Les cadres sont soigneusement composés, les couleurs chaudes et même les séquences nocturnes sont de toute beauté. Rien d’imprévu ici, ce qui donne parfois au film un caractère figé, en accord avec son sujet.

Néanmoins, on ne peut s’empêcher de penser que cette recréation, outre qu’elle tient parfois de l’artifice, repose moins sur la prise sur le vif que la scénarisation. Ce rapport biaisé à la réalité, présent évidemment dès l’origine du cinéma, donne parfois un aspect compassé au film, malgré ou à cause de sa constante beauté. Ajoutons que, à force de s’intéresser aux micro-événements, Chasseurs de truffes frise de temps en temps l’ennui, surtout quand de petites séquences étonnent par leur utilité discutable (le gros plan sur le nez pendant un examen…). Pourtant, il s’en dégage un charme certain, qui repose autant sur les « héros » pittoresques que sur la douceur des forêts, du village et d’un art de vivre en voie de disparition. À l’heure de l’uniformisation et de la globalisation, ce film est aussi un acte politique, le chant du cygne des particularismes.

Les sorties de la semaine du 21 juillet 2021

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Chasseurs de truffes, l'affiche

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