Réalisateur et scénariste japonais, Teruo Ishii est né en 1924 à Tokyo et il se passionne pour le cinéma dès son enfance, développant un goût prononcé pour le cinéma français. Il entre comme assistant-réalisateur à la Tōhō en 1942, mais son ascension est interrompue par la Seconde Guerre mondiale à laquelle il participe en tant que photographe en Mandchourie.
Teruo Ishii, l’assistant des plus grands
Après la guerre, il entre finalement à la Shintōhō en 1947 et devient assistant durant une dizaine d’années, notamment pour Mikio Naruse avec lequel il parfait sa formation.
C’est en 1957 qu’il entame sa profuse carrière de réalisateur de studio, débutant par le film de boxe Ringu no ôja : Eikô no sekai (1957). Il poursuit sur sa lancée avec six épisodes de la saga L’invincible spaceman (1957). Dès ses débuts, Teruo Ishii est un excellent faiseur qui tourne plus vite que son ombre et délivre ainsi de nombreux épisodes de séries cinématographiques interminables, toutes commandées par les studios.
Ainsi, à la fin des années 50, il livre quatre films noirs de la série Chitai qui ont été salués pour leur pertinence. Mais après la faillite de la Shintōhō, Teruo Ishii est contraint de trouver un emploi dans un autre studio. C’est ainsi qu’il fait son entrée à la Toei où il va effectuer l’essentiel de sa carrière.
Aux bons services de la firme Toei
Là, il y réalise d’abord le polar Hana to arashi to gyangu (1961) avec Ken Takakura qu’il retrouve sur le film de prison Abashiri bangaichi (1965) qui rencontre un succès phénoménal au Japon. Dès lors, le cinéaste se retrouve prisonnier d’une franchise à succès qui comporte 18 films et dont il a tourné une dizaine de segments au rythme de deux ou trois par an. Tout en continuant sa saga carcérale, Teruo Ishii met en boite la saga Joys of Torture qui lui apporte la renommée au Japon. Là encore, il en tourne les huit segments (dont Orgies sadiques de l’ère Edo ou encore L’enfer des tortures), développant ainsi le style des ero guro qui veut dire érotique grotesque.
Dans ce même style, il tourne également un film plus personnel intitulé L’effrayant Docteur Hijikata (1969) qui paraît en France en blu-ray chez Le Chat qui Fume en 2023. Au cours des années 70, le cinéaste connaît d’autres beaux succès comme The Blind Woman’s Curse (1970), mais la plupart de ses films ne parviennent pas jusqu’en France.
Après avoir renoncé au cinéma en 1979 pour rejoindre la télévision, Teruo Ishii renoue avec le grand écran dans les années 90. Durant cette décennie, il tourne deux adaptations de manga sur grand écran et quelques films encore de grande valeur.
Teruo Ishii décède en 2005 à l’âge de 81 ans d’un cancer des poumons, alors qu’il venait tout juste d’être découvert en Occident.