Acteur algérien, Sid Ali Kouiret (parfois crédité uniquement Kouiret) est né en 1933 à Alger, en Algérie française. Le gamin de 9 ans s’enfuit de chez lui après avoir poignardé son père, un alcoolique notoire particulièrement violent. Dès lors, Sid Ali Kouiret vit dans la rue et devient un petit maquereau une fois l’adolescence passée.
Une riche carrière théâtrale
Toutefois, il fait la rencontre fortuite de l’acteur Mustapha Kateb qui lui propose de se joindre à sa troupe de théâtre amateur. Nous sommes en 1950 et Sid Ali Kouiret se réoriente donc vers la carrière de comédien de théâtre. Cela lui permet de voyager en France, mais aussi en Allemagne.
Après cette période probatoire, Sid Ali Kouiret devient un vrai professionnel en 1954, mais le début de la guerre d’indépendance d’Algérie ruine ses projets. Il s’enfuit d’abord en France, puis à Tunis où il intègre une troupe de théâtre vantant les mérites du FLN (Front de Libération Nationale). Cet engagement lui offre la possibilité d’intégrer le Théâtre national algérien après l’indépendance du pays en 1962.
Des planches au cinéma
Dès lors, il va contribuer également à l’essor du cinéma algérien en jouant dans la comédie Hassan Terro (Mohammed Lakhdar-Hamina, 1968), puis l’un des rôles principaux de L’opium et le bâton (Ahmed Rachedi, 1969). Ensuite, il retrouve le cinéaste Mohammed Lakhdar-Hamina sur Décembre (1973) et surtout Chronique des années de braise (1975), Palme d’or au Festival de Cannes 1975 dans lequel il interprète le cousin du héros.
Il continue à jouer dans L’évasion de Hassan Terro (Mustapha Badie, 1976), mais aussi dans Le retour de l’enfant prodigue (Youssef Chahine, 1978), Le retour (Benamar Bakhti, 1979) ou encore Hassan Taxi (Mohamed Slimane Riad, 1982). Après L’empire des rêves (Jean-Pierre Lledo, 1983), Les sacrifiés (Okacha Touita, 1983) et Le rescapé (Okacha Touita, 1986), il préfère se mettre en retrait et abandonne même son poste au Théâtre national algérien.
Une longue éclipse dans les années 90
La période de la guerre civile des années 90 l’empêche d’exercer son métier et il disparait des écrans durant une quinzaine d’années. Finalement Sid Ali Kouiret réapparaît en 2004 dans Les suspects (Kamal Dehane) et retrouve son réalisateur fétiche Okacha Touita pour Morituri (2007).
Souffrant d’un diabète, le comédien s’éteint en 2015 à l’âge de 82 ans. Il restera comme une figure populaire du cinéma algérien des années 70-80.