Ecrivain, journaliste, scénariste, producteur et réalisateur français, René Goscinny est né en 1926 à Paris dans une famille juive ashkénaze. Comme son père est un chimiste renommé, le petit René doit le suivre dans sa nouvelle demeure en Argentine. Le gamin y passe l’essentiel de sa jeunesse, étudiant notamment au lycée français de Buenos Aires.
René Goscinny, de l’Argentine à New York
A cette époque, René Goscinny commence à écrire et dessiner des petites bandes illustrées pour ses camarades. Durant la Seconde Guerre mondiale, sa famille proche est à l’abri, mais une partie des autres membres sont déportés à Auschwitz. Après son bac, René Goscinny commence à travailler comme illustrateur publicitaire en Argentine.
En 1946, René Goscinny intègre l’armée française pour y effectuer son service. Ensuite, il part pour New York et souhaite rencontrer son idole Walt Disney. A la fin des années 40, il fait une rencontre décisive aux Etats-Unis en la personne de Morris, l’auteur de la bande dessinée Lucky Luke. Les deux hommes sympathisent et René Goscinny sera ensuite sollicité pour scénariser les aventures du célèbre cowboy.
Les créations en bande dessinée des années 50
En attendant, René Goscinny rentre en France et fait la connaissance d’Albert Uderzo. Ils commencent à travailler ensemble dès 1951 en concevant plusieurs projets de BD. La révélation intervient véritablement en 1955 lorsqu’il reprend en main le scénario de la série Lucky Luke, avec un énorme succès à la clé. Cela correspond à l’album Des rails sur la prairie qui paraît initialement dans le journal de Spirou, puis est édité dans la série au numéro 9. C’est le premier d’une remarquable série de 36 albums devenus culte. Au cours des années 50, René Goscinny collabore également avec Sempé et ils créent ensemble Le Petit Nicolas qui rencontre une grande popularité.
Avec Uderzo, il crée le personnage de l’indien Oumpah Pah, mais c’est surtout la création d’Astérix en 1959 qui demeure la plus mémorable par son succès international. Au cours des années 60, René Goscinny tente l’aventure du cinéma en étant l’un des scénaristes du film Tintin et les oranges bleues (Philippe Condroyer, 1964), puis sa création est utilisée par le studio d’animation belge Belvision pour créer le dessin-animé Astérix, le gaulois (Ray Goossens, 1967). Alors qu’il n’a pas été prévenu de cette création, René Goscinny ne s’oppose pas à sa sortie, mais réclame à devenir un associé complet dans l’exploitation cinéma de son œuvre.
René Goscinny, scénariste et réalisateur de cinéma
Ainsi, l’année suivante, il est crédité pour la première fois en tant que réalisateur pour Astérix et Cléopâtre (coréalisé avec Albert Uderzo, 1968). Il continue sur sa lancée avec le dessin-animé Lucky Luke – Daisy Town (1971). A la même époque, il devient ami avec Pierre Tchernia et collabore au scénario de ses films Le viager (1972) et Les gaspards (1974). Le premier est un gros succès, tandis que le second est un échec public.
Persuadé qu’il peut être un directeur efficace d’un studio d’animation, René Goscinny crée les studios Idéfix pour y développer un long-métrage au scénario original intitulé Les 12 travaux d’Astérix (1976). Enfin, il réalise son dernier film d’animation en 1977 avec La ballade des Dalton (1978) qu’il ne verra jamais terminé.
Effectivement, entre le mois d’octobre et novembre 1977, René Goscinny fait plusieurs infarctus dont le dernier lui a été fatal. Il n’avait que 51 ans. Il laisse derrière lui une œuvre considérable qui a fait rêver et rire des générations d’enfants.