Renato Casaro : mort d’un visionnaire de l’art graphique

Illustrateur, Graphiste, Peintre, Affichise
Le marginal, l'affiche

Personal Info

  • Nationalité : Italien
  • Date de naissance : 26 octobre 1935, à Trévise, Vénétie (Italie)
  • Date de décès : 30 septembre 2025, à l'âge de 89 ans, à Trévise, Vénétie (Italie)

Biographie

Note des spectateurs :

Véritable maître de l’illustration cinématographique, Renato Casaro était peintre, dessinateur et illustrateur de génie. Il a largement contribué à bâtir l’imagerie d’un cinéma épique et idéalisé sur plusieurs décennies. Il est mort en septembre 2025, à l’âge canonique de 89 ans. Son œuvre demeurera.

C’est dans la ville de Trévise, au cinéma Le Garibaldi, que le jeune Renato Casaro forge sa culture. Il réalise d’ailleurs lui-même des toiles pour orner ce cinéma.

Né en 1935, cet amoureux du septième art s’installe finalement à Rome après son service militaire. Dès l’âge de 21 ans, il monte sa propre affaire, après avoir travaillé pour l’agence de pub du studio Favalli, en 1955. Et pour cause, il déborde de talent. C’est en 1956 que Renato Casaro signe son premier poster pour un film : Two Blue Eyes, de Gustave Ucicky. Dès lors, il ne cesse de travailler. À la fin des années 1950, il est déjà une gloire locale, notamment pour sa contribution au western, américain ou spaghetti.

Avec l’affiche de Pour une poignée de dollars de Sergio Leone (1964), il contribue largement à la patte visuelle du western italien. Il collaborera avec Sergio Leone jusqu’à la mort du cinéaste dans les années 80.

Affiche originale du film RAMBO FIRST BLOOD

© 1983 Casaro

En 1965, le désormais trentenaire illustre également La Bible, la fresque produite par Dino De Laurentiis, qui lui vaut d’être exposé pour la première fois à Hollywood, sur Sunset Boulevard, lieu stratégique de la promotion cinématographique. Un sacre évident.

Tout au long de sa carrière, il collabore avec les plus grands cinéastes : Bernardo Bertolucci, Francesco Rosi, Rainer Werner Fassbinder, Francis Ford Coppola, Miloš Forman, Sergio Leone, Luc Besson, David Lynch, Terry Gilliam, Jean-Jacques Annaud et même Claude Lelouch.

À partir des années 1990, les producteurs et studios font moins appel à lui, le numérique et Photoshop supplantant peu à peu l’artisanat. Sa passion pour l’Afrique l’amène alors à se consacrer à la peinture de scènes de la vie sauvage, et il décide de mettre définitivement fin à son activité dans la promotion cinématographique, même si Quentin Tarantino saura lui rendre hommage à l’occasion de Once Upon a time in… Hollywood.

L’artiste a toujours refusé de vendre les affiches originales de ses œuvres, ce qui ne l’a pas empêché d’être régulièrement exposé. Il a puissamment gardé le contrôle de son œuvre peintre et adulée.

Cul et chemise, l'affiche

© 1979 Zadar Film / Affiche : LPC / Jean-Claude Labret (agence) – Renato Casaro (dessin). Tous droits réservés.

On lui doit notamment des affiches devenues culte : Conan le Barbare de John Milius, Flash Gordon de Mike Hodges, Mes chers amis de Mario Monicelli, Les uns et les autres de Claude Lelouch, L’Histoire sans fin de Wolfgang Petersen, High Spirits de Neil Jordan, Le Policeman de Daniel Petrie, Le Marginal de Jacques Deray, Ténèbres et Opéra de Dario Argento, Cotton Club de Francis Ford Coppola, Nikita de Luc Besson, Angel Heart d’Alan Parker, Misery de Rob Reiner, Amadeus de Miloš Forman, Chronique d’une mort annoncée de Francesco Rosi, La Guerre du feu de Jean-Jacques Annaud, Les Aventures du baron de Münchhausen de Terry Gilliam, Rusty James de Francis Ford Coppola, Furyo de Nagisa Oshima, Conan le Destructeur de Richard Fleischer, Outsiders de Francis Ford Coppola, Terminus de Pierre-William Glenn, Dune de David Lynch, Creepshow de George A. Romero, Shanghai Surprise avec Madonna, Léviathan de George Pan Cosmatos, Cherry 2000 avec Melanie Griffith, Rambo de Ted Kotcheff, Rambo II de George Pan Cosmatos et Rambo III de Peter MacDonald, Excalibur de John Boorman, The Running Man de Paul Michael Glaser, Le Sicilien de Michael Cimino, Il était une fois en Amérique de Sergio Leone, L’Aventure intérieure de Joe Dante, Le Dernier empereur de Bernardo Bertolucci, Coup de cœur de Francis Ford Coppola, Mona Lisa de Neil Jordan, Amityville II de Richard Fleischer, La chair et le sang de Paul Verhoeven, Octopussy de John Glen, Jamais plus jamais d’Irvin Kershner, Music Box de Costa-Gavras, Terminator 2 de James Cameron, L’Orchidée sauvage de Zalman King, Little Buddha de Bernardo Bertolucci, Lili Marleen de Rainer Werner Fassbinder, Cliffhanger de Renny Harlin, Total Recall de Paul Verhoeven, Freddy 5 de Stephen Hopkins, Enemy de Wolfgang Petersen, La Cité de la joie de Roland Joffé, Les Aventures d’un homme invisible de John Carpenter, Innocent Blood de John Landis, Astérix et Obélix contre César de Claude Zidi, ainsi que de nombreux westerns dont La Rivière rouge de Howard Hawks, Pour une poignée de dollarsPour quelques dollars de plus et Le Bon, la brute et le truand de Sergio Leone.

Le Marginal, affiche cinéma dans sa version blanche

© 1983 Cérito – René Chateau – StudioCanal – Mondial TE FI / Affiche : © Renato Casaro. Tous droits réservés.

On lui doit aussi l’affiche emblématique de Danse avec les loups de Kevin Costner ainsi que de très nombreux visuels sublimes pour les westerns et comédies avec Bud Spencer et Terence Hill. Il a œuvré inlassablement dans le cinéma bis, avec de nombreux péplums, des comédies sexy italiennes ou des films de série B viriles, élevant des produits marchands souvent médiocres en véritable œuvre d’art.

Visuels mondial de Blastfighter l'exécuteur

© 1984 Medusa Distribuzione – National Cinematografica – Nuova Dania Cinematografica – Les Films Jacques Leitienne / Affiche : Renato Casaro. Tous droits réservés.

Son œuvre légendaire dépasse largement le cadre de la simple promotion cinématographique. Véritables évocations d’univers graphiques puissants, ses affiches ont marqué la mémoire collective et nourri la cinéphilie de milliers de spectateurs, qui ont embrassé son style comme fantasme ultime.

Renato Casaro était une rencontre de cinéma parmi les plus intenses que l’on pouvait souhaiter aux profanes. Tomber nez à nez avec son art relevait de l’illumination immédiate. Il était l’un des rares dessinateurs dont on tombait instantanément amoureux des portraits et des instants de septième art brossés.

Il s’est éteint le 30 septembre 2025, à l’âge de 89 ans dans sa ville natale de Trévise. Il aurait eu 90 ans le 26 octobre de cette même année.

Frédéric Mignard

Ils nous ont quittés en 2025

Le Continent des hommes poissons, affiche du film

Affiche : Renato Casaro © 1979 Dania Film. All Rights Reserved.

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