Raphaël Delpard

Réalisateur, Scénariste
Affiche de Clash (1984), de Raphaël Delpard

Personal Info

  • Nationalité : Français
  • Date de naissance : 26 janvier 1942, à Paris (France)

Biographie

Note des spectateurs :

Raphaël Delpard est une personnalité atypique du cinéma français. Acteur, scénariste et réalisateur, il abandonne le 7e Art pour la littérature dans les années 80, à la suite d’un certain nombre d’échecs douloureux.

Né en 1942, Raphaël Delpard est un talent polyvalent. A 21 ans, il est marionnettiste et monte une compagnie de théâtre de marionnettes pour enfants. Mais il a passé le gros de sa vie comme écrivain et a été édité plus d’une vingtaine de fois, notamment dans le domaine du livre historique. Il s’intéresse très tôt à la littérature, même si dans un premier temps, le théâtre et le cinéma vont accaparer ses talents.

Raphaël Delpard rencontre Louis Aragon ; Marcel Aymé lui présente Jean Anouilh qui l’engage comme assistant dans l’écriture de scénario. Claude Sautet l’engage également dans une structure dont le rôle est de corriger ou de développer des scénarii. De beaux noms pour un jeune homme qui, dès l’âge de 14 ans, étais chiffonnier pour l’Abbé Pierre.

Concernant le cinéma, Raphaël Delpard se forge une véritable cinéphilie bis dans les années 60 dans les cinémas de quartier où il se repaît des films de la Hammer, de Roger Corman et Jean Rollin un peu plus tard. Cet amour du fantastique, il le portera à deux reprises à l’écran avec ses œuvres les moins commerciales, La nuit de la mort et Clash.

Fan de Bava ou d’Argento, il n’atteindra jamais les sommets de ses inspirations, la cause à des résultats inégaux et une méfiance des producteurs et des spectateurs à l’égard du cinéma fantastique français hexagonal. Clash, avec Catherine Alric, le précipitera au fond d’un box-office boudeur (moins de 5 000 entrées sur Paris) et ruinera ses espoirs.

La nuit de la mort, l'affiche

© OB Films / Illustration : Lynch Guillotin. Tous droits réservés.

Dramaturge, il écrit très tôt pour le théâtre ; il monte aussi sur les planches dès la fin des années 60 et joue des rôles classiques.

Bourvil et Marcel Aymé l’introduisent auprès de Jean-Pierre Mocky dont il devient le co-scénariste sur La grande lessive, L’étalon, L’albatros et Chut, entre 1968 et 1972.

Dans les années 70 et 80, alors qu’il devient cinéaste, Raphaël Delpard est acteur au cinéma. Il joue pour Alain Corneau, Robert Lamoureux, José Giovanni et même pour Godard dans la deuxième moitié des années 80.

Pote de réalisateurs prestigieux comme Truffaut, Enrico, ou Jean-Jacques Annaud, il a également un pied dans le cinéma d’exploitation à la mode dans les années 70. Il s’occupe des doublages de films X d’Alain Payet.

Raphaël Delpard tourne ainsi un film érotique en 1976, Perversions et, en 1979, le film pornographique Les lycéennes perverses sous le pseudonyme de Peter Raphaël. De façon alimentaire, Perversions lui permet de réaliser son premier long de fiction canonique, la comédie pour enfants Ca va pas la tête!!?. Le divertissement autour d’une équipe d’enfants rugbymen est un échec cuisant. Il sort dans l’anonymat en province puis dans une indifférence totale sur Paname.

Les bidasses aux grandes manoeuvres, affiche

Design © MARTY

Grâce au producteur Claude Pierson, il tourne son premier long fantastique, La nuit de la mort en 1980. Co-écrit avec Richard Joffo, le conte horrifique relate les agissements de personnes âgées cannibales qui dévorent la viande humaine pour défier la mortalité. Le film se vend bien à l’étranger, y compris dans les pays anglophones mais essuie un échec public en France. Les critiques, globalement positives, notamment dans la presse spécialisée, aideront le cinéaste à poursuivre sur la voie horrifique avec Clash. Mais les poches vides, l’auteur doit se refaire une santé dans le comique troupier avec Les bidasses aux grandes manœuvres. Le film avec Michel Galabru, Paul Préboist et Daniel Prévost est surtout la première expérience de Luc Besson à la caméra puisque le futur réalisateur du Dernier combat (1982) devient l’assistant de Raphaël Delpard. Le nabab d’EuropaCorp rencontrera sur le tournage Jean Reno qui tenait un petit rôle.

Clash, de Raphaël Delpard le 8 février 1984

© Tous droits réservés.

Grâce au succès en VHS de La nuit de la mort! chez Cinéthèque, Raphaël Delpard réalise son projet le plus ambitieux en 1983, Clash, avec Catherine Alric, Bernard Fresson, et le dément Pierre Clémenti qui lui en fait voir de toutes les couleurs pendant le tournage. Avec une projection à Avoriaz en 1984, à quinze jours de la sortie, qui braque les journalistes, Clash peine à se faire une place dans les rédactions et les exploitants ne le montrent pas.

Pour se tirer de cette déroute financière, Raphaël Delpard qui tournait un téléfilm lors de la sortie de Clash, tourne une nouvelle  comédie, Vive le fric !, alias Les surdoués du hold-up (1985). Le film méconnu connaît une programmation de bas niveau en province. Son distributeur indépendant, Promo International, n’ayant aucun poids sur la capitale sujette à la crise du cinéma, et réticente désormais à programmer ce type de nanars, le film ne passe pas par les écrans parisiens, malgré la Une du Film Français et une affiche par Philippe. Le budget de Vive le fric ! est tellement réduit que le cinéaste doit interpréter lui-même le rôle masculin principal.

Désormais mort aux yeux de la profession, le cinéaste Raphaël Delpard jette l’éponge et écrit des ouvrages historiques. Comme chercheur ou romancier, il s’intéresse aux pages sombres de notre Histoire, l’Occupation, Indochine, l’Algérie…

Par la suite, il se tourne vers l’écriture de livres-documents liés à la guerre d’Algérie et à la Seconde Guerre mondiale. Il réalise et produit des documentaires historiques d’après ses œuvres (en 1998, Les enfants cachés). Le plus célèbre est Les convois de la honte (2009) sur le rôle de la SNCF lors de la déportation des Juifs durant l’Occupation.

En 2021, Raphaël Delpard connaît un petit revival grâce à la curiosité du Chat qui fume. L’éditeur qui avait déjà remis à la lumière La nuit de la mort, propose un combo blu-ray – ultra HD de Clash ! Dans lequel le cinéaste s’exprime, en bonus, pendant plus de 50 minutes.

On notera également l’existence d’un numéro de Vidéotopsie en 2016 (le fanzine culte de David Didelot), qui approfondit l’œuvre de Delpard et propose aussi une très longue interview de ce passionné d’un cinéma d’un autre temps qui nous parle encore. De nombreuses et précieuses informations de cette biographie sont tirées de ce Vidéotopsie essentiel.

Frédéric Mignard

Vive le fric ! affiche du film de Raphaël Delpard

Graphisme : © Philippe by Spadem

Filmographie

  • 1976 : Perversions (Les amours difficiles, La grande perversion)
  • 1978 : Ça va pas la tête!!?
  • 1979 : Les lycéennes perverses (Les lycéennes en partouze, Femelles)
  • 1980 : La nuit de la mort (Les griffes de la mort)
  • 1981 : Les Bidasses aux grandes manœuvres
  • 1984 : Vive le fric ! (Les surdoués du hold-up)
  • 1984 : Clash
  • 1985 : Le Marionnettiste (téléfilm FR3 – Clap d’Or FR3)
  • 1998 : Les Enfants cachés (film documentaire France 2)
  • 2009 : Les Convois de la honte (film documentaire)
  • 2017 : La Persécution des chrétiens aujourd’hui dans le monde (film documentaire)
Clash (édition Le Chat qui fume, 2021)

© Frédéric Domont pour Le Chat Qui Fume. © OB Films Tous droits réservés. All rights reserved

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