Acteur et réalisateur soviétique et russe, Oleg Yankovski (parfois orthographié Jankovski) est né au Kazakhstan qui appartenait alors à l’URSS. Toutefois, sa famille avait des ascendances russe et polonaise. En réalité, son père a été déporté dans un goulag du Kazakhstan à l’époque stalinienne et c’est durant cette période qu’est né son fils Oleg. Après la fin de Staline, la famille a pu revenir en Russie. Comme son frère ainé débute une carrière d’acteur, le jeune Oleg le suit et commence aussi à jouer sur scène alors qu’il n’a que 14 ans.
Grand acteur de l’ère soviétique
Il obtient finalement un diplôme de théâtre de la ville de Saratov en 1965 et devient un pilier du théâtre local. Sa carrière cinématographique décolle lorsqu’il est à l’affiche de Deux camarades à l’armée (Karelov, 1968). Dès lors, Yankovski est souvent en tête d’affiche de films soviétiques qui ne parviennent pas jusqu’à nous. Il faut attendre La prime (Mikaelian, 1975) pour le découvrir sur nos écrans. Mais c’est surtout Le miroir (Tarkovski, 1975) qui le révèle en Occident. Il est alors très sollicité et interprète notamment Un accident de chasse (Lotianou, 1977).
Yankovski est aussi très apprécié dans son pays pour plusieurs séries télévisées et téléfilms qui ont marqué le public soviétique du début des années 80. En France, on a encore pu l’apprécier au cinéma dans Amoureux volontaires (Mikaelian, 1982), Vols entre rêve et réalité (Balaïan, 1983). Toutefois, il reste surtout connu des cinéphiles pour avoir joué l’alter-égo de Tarkovski dans le superbe Nostalghia (Tarkovski, 1983). Dans les années 80, ses autres films restent inédits chez nous. Il faut attendre Mon 20e siècle (Enyedi, 1989) pour le retrouver en tête d’affiche. Puis, il joue encore dans Mado poste restante (Adabachian, 1990), L’assassin du tsar (Shakhnazarov, 1991) où il incarne Nicolas II.
Une carrière plus internationale dans les années 90
En 1993, il joue dans le film français Moi Ivan, toi Abraham (Zauberman, 1993), puis dans le film grec Terra incognita (Typaldos, 1994) et le thriller britannique Témoin muet (Waller, 1995). Si on le revoit encore dans le film français Alissa (Goldschmidt, 1998) avec Yvan Attal, il retourne en Russie où il continue une carrière prolifique. En France, il est à nouveau à l’affiche de The man who cried – Les larmes d’un homme (Potter, 2000), mélo avec Johnny Depp, puis de Tsar (Lounguine, 2009).
Oleg Yankovski a également tenté de passer à la réalisation avec le film Prikhodi na menya posmotret (2001). Il décède en 2009 des suites d’un cancer du pancréas. Il avait 65 ans.