Réalisateur, scénariste, producteur et romancier taïwanais, Joseph Kuo (aussi appelé Nan-Hong Kuo) est né en 1935 à Kaohsiung dans l’île de Taïwan. Alors qu’il n’est qu’adolescent, Joseph Kuo se lance dans l’écriture de romans qui lui permettent de survivre. Généralement, il s’agit de romans à l’eau de rose. Toutefois, intéressé par le cinéma, il se débrouille pour transformer ses œuvres en scénarii, de façon à les vendre à des producteurs. Ceci intervient durant les années 50.
Finalement, il réussit à vendre plusieurs scripts jusqu’à ce qu’un producteur lui propose de réaliser lui-même ses propres scripts. Il peut ainsi débuter sa carrière de réalisateur à la fin des années 50 en se spécialisant dans des films romantiques à destination du public local puisque tournés en dialecte taïwanais. Il ne viendra que bien plus tard au mandarin afin de pouvoir exporter sa production. Le cinéaste, dans ses entretiens, affirme avoir réalisé une vingtaine de longs-métrages de ce type en une dizaine d’années s’étalant de 1958 à 1967.
Des films romantiques au wu xia pian
Après avoir découvert au cinéma L’hirondelle d’or (King Hu, 1966), Joseph Kuo décide d’écrire lui aussi un Wu xia pian et il parvient à monter La revanche du dragon noir (1968) qui sera son premier grand succès international. Le film, par ailleurs splendide, réoriente totalement la carrière de l’artiste qui devient un spécialiste du genre en se lançant également dans la production.
Au début des années 70, Joseph Kuo accepte de déménager à Hong Kong afin de devenir un employé de la Shaw Brothers. Il devient à cette époque un pourvoyeur régulier de films d’art martiaux qui sont à la mode. On lui doit notamment Duel à mort (1972), Les 4 doigts de fureur (1972), Le Chinois au bras de fer (1973) et Karaté à Shanghai (1974).
Un stakhanoviste du film d’arts martiaux
Par ailleurs, Joseph Kuo est l’un des premiers à exploiter la thématique des moines Shaolin à travers une saga à succès comprenant Shaolin et les 18 hommes de bronze (1975), Le retour des 18 hommes de bronze (1976), Les 8 maîtres du kung fu contre les 18 hommes de bronze (1976) ou encore Les 7 grands maîtres de Shaolin (1977).
Dans ce genre, on lui doit encore quelques titres de gloire comme L’invincible (1978), La tigresse du kung-fu (1978) et Les 36 signes de la mort (1979). Après un Retour au temple de Shaolin (1981), le réalisateur effectue une pause de quelques années où il retourne à Taïwan. Là, il entame une trilogie intitulée Ninja Death (1987) qui comprend trois numéros, mais sa carrière s’éteint progressivement au point de s’arrêter au début des années 90 où il continue d’écrire et de produire quelques bandes, sans obtenir de succès.
Joseph Kuo a donc réalisé plus de 70 films sans qu’il soit possible d’établir une filmographie exhaustive et exacte, notamment dans la partie taïwanaise des années 50, plutôt obscure.