Scénariste, réalisateur et écrivain français, Jean-Pierre Bastid a étudié à l’IDHEC. Il est assistant sur le tournage du Testament d’Orphée (1960) de Jean Cocteau, avant de se partager entre cinéma et littérature puis, plus tard la télévision, la radio et l’enseignement. Il se consacre aussi au militantisme de gauche, de la défense de l’indépendance de l’Algérie à celle des sans-papiers.
En tant que scénariste pour le grand écran, sa contribution la plus célèbre concerne Dupont Lajoie (1975) d’Yves Boisset, radioscopie de la France profonde raciste, qui annonce la montée de l’extrême droite. Mais il collabore aussi avec José Bénazéraf, Max Pécas ou Denis Amar.
En tant que réalisateur, Jean-Pierre Bastid signe des courts métrages dans le ton de la Nouvelle Vague, dont Bartleby (Quinzaine des Réalisateurs 1970). Son premier long, Massacre pour une orgie (1966), où il prend le pseudonyme de Jean-Loup Grosdard (en référence à Godard), est un polar érotique interdit par la censure. L’éditeur Le Chat qui fume en proposera une version restaurée.
D’autres films sont à son crédit, dont Salut les copines (1967), coécrit avec Jean-Patrick Manchette ; et Hallucinations sadiques (1969), sous le pseudo de Roy Kormon, avec Daniel Gélin et Anouk Ferjac. En 2017, Hélène Cattet et Bruno Forzani réalisent Laissez bronzer les cadavres qui est l’adaptation de l’un de ses romans, coécrit avec Manchette. Jean-Pierre Bastid est décédé le 21 janvier 2026 à l’âge de 88 ans.