Harvey Keitel

Acteur
Harvey Keitel dans Reservoir Dogs de Quentin Tarantino

Personal Info

  • Nationalité : Américain
  • Date de naissance : 13 mai 1939 à New York (États-Unis)
  • Crédit visuel : Copyright Metropolitan FilmExport

Biographie

Note des spectateurs :

Harvey Keitel est l’un des meilleurs acteurs américains de ces dernières décennies. Il a brillé dans les univers de Scorsese, Ferrara et Tarantino.

Harvey Keitel ou le meilleur de l’Actors Studio

Harvey Keitel débute au cinéma en 1967, avec un petit rôle dans Reflets dans un œil d’or de John Huston, et un premier dans Who’s That Knocking at My Door. Ce film marque aussi les premiers pas cinématographiques de Martin Scorsese. Keitel y incarne un jeune homme vivant de menus larcins dans le quartier de Little Italy à New York. L’univers de Scorsese est déjà présent dans cet essai, et il n’est guère étonnant que les deux hommes, tous deux cinéphiles et natifs de New York, aient souhaité entreprendre une collaboration. Celle-ci se poursuit avec Mean Streets, dans lequel Keitel partage l’affiche avec un débutant nommé Robert De Niro. C’est le premier succès critique et public de Scorsese, dont profitent ses interprètes. Keitel, formé à l’Actors Studio, excelle en frère protecteur plongé avec sa famille dans la jungle de la mafia new-yorkaise.

Après ce rôle, Harvey Keitel est encore dirigé par Scorsese. Tout en déployant le même jeu incisif, il incarne des personnages en retrait par rapport aux figures campées par Ellen Burstyn dans Alice n’est plus ici (1974) et Robert De Niro dans Taxi Driver (Palme d’or à Cannes en 1976), deux films qui contribuent toutefois à assoir sa notoriété. Au cours de cette brillante décennie, on le voit aussi en neveu de Buffalo Bill dans Buffalo Bill et les Indiens (1976) de Robert Altman, et en inspecteur dans Enquête sur une passion (1979) de Nicolas Roeg. Il est tête d’affiche de trois premiers métrages, montrant par là-même sa volonté de soutenir un nouveau cinéma indépendant. Il s’agit de Bienvenue à Los Angeles (1976) d’Alan Rudolph, Les Duellistes (1977) de Ridley Scott (primé à Cannes), et Blue Collar (1978) de Paul Schrader, le scénariste de Scorsese.

Dans les années 80, Harvey Keitel tourne une vingtaine de films, mais peine à se maintenir au niveau de la décennie antérieure. Il collabore pourtant avec de bons cinéastes européens. Dans La Mort en direct (1980) de Bertrand Tavernier, il incarne le cadreur voyeur traquant Romy Schneider pour ce que l’on ne nommait pas encore la téléréalité. Et il campe un insolite Thomas Paine dans La Nuit de Varennes (1982) d’Ettore Scola, où il est quelque peu éclipsé par Jean-Louis Barrault, Marcello Mastroianni et Jean-Claude Brialy. Mais ni Tony Richardson, ni Lina Wertmüller, ni Damiano Damiani ne réussissent à le mettre en valeur. Ce n’est guère mieux avec les cinéastes américains : un De Palma en mode mineur (Mafia Salad, 1986), et des réalisateurs de second ordre (James Toback, Ulu Grosbard). Mais il retrouve Scorsese qui lui confie le rôle de Judas dans le sulfureux La Dernière tentation du Christ, en 1988.

Acteur culte pour Scorsese, Ferrara et Tarantino

Les années 90 vont toutefois le remettre au premier plan. C’est d’abord un second rôle remarqué dans Thelma et Louise (1991) de Ridley Scott, suivi par son interprétation peut-être la plus géniale : le flic corrompu et torturé de Bad Lieutenant (1992) d’Abel Ferrara. La même année, il joue dans Reservoir Dogs (1992), le premier long métrage de Quentin Tarantino : sa composition de M. White / Larry Dimmick est un délice. Deux ans plus tard, il est du casting éblouissant de Pulp Fiction (Palme d’or à Cannes), pour le même cinéaste : l’un des films les plus culte du septième art, où il incarne un incroyable délégué au nettoyage d’une voiture salie par des morceaux de cervelles. Entre les deux métrages, il aura donné la réplique à Nicolas Cage dans Snake Eyes (1993), brillant polar de De Palma, et à Holly Hunter dans La Leçon de piano (1993) de Jane Campion (encore une Palme d’or !). Et en 1995, il tourne trois films d’affilée : plus que Clockers de Spike Lee, on retiendra le poignant diptyque Smoke / Brooklyn Boogie, concocté par Wayne Wang et Paul Auster ; et Le Regard d’Ulysse, chef-d’œuvre de Theo Angelopoulos. La fin de la décennie est moins brillante, mais il ne démérite pas dans le casting de Copland (1997) de James Mangold, et pour sa seconde collaboration avec Jane Campion dans le sous-estimé Holy Smoke (1999).

Les années 2000 et 2010 le voient toujours très présent à l’écran, mais les bons rôles (et les bons films) se font plus rares. On pourra toutefois citer son personnage de commandant Pierce dans Moonrise Kingdom (2012) de Wes Anderson, sa confrontation amicale avec Michael Caine dans Youth (2015) de Paolo Sorrentino, et ses retrouvailles avec Scorsese pour The Irishman (2019). Mais le mythe Keitel est intact, et il est surprenant que l’Académie des Oscars ne l’ait jamais récompensé : tout au plus a-t-il obtenu une modeste nomination à l’Oscar du meilleur acteur dans un second rôle pour Bugsy (1991) de Barry Levinson.

Gérard Crespo

Filmographie

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Harvey Keitel dans Reservoir Dogs de Quentin Tarantino

Bande-annonce de Pulp Fiction

Acteur

Bande-annonce de The Irishman

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