Actrice espagnole, Emma Penella est née en 1931 à Madrid, en Espagne. Elle est issue d’une famille très conservatrice puisque son père, député de Grenade, a été impliqué dans l’arrestation de l’écrivain Federico García Lorca. D’ailleurs, lorsque la jeune fille a annoncé son désir de devenir actrice, cela fut fraichement accueilli par sa famille. Toutefois, d’un caractère fort et affirmé, l’aspirante comédienne débute au théâtre vers la fin des années 40.
Une actrice qui joue de ses charmes
Rapidement, le cinéma lui fait de l’œil et elle se lance dans cette nouvelle aventure en 1950. C’est en 1952 qu’elle connaît son premier gros succès personnel avec L’emprise du destin (José Luis Sáenz de Heredia, 1952). L’année suivante, elle entame un moment important de sa carrière avec Carne de horca (Ladislao Vajda, 1953) où elle démontre une capacité à séduire le public à l’aide d’un érotisme trouble. Ses films suivants ont parfois fait scandale. On peut citer Les comédiens (Juan Antonio Bardem, 1954), Los peces rojos (José Antonio Nieves Conde, 1955) et surtout Une vraie garce (Manuel Mur Oti, 1956) qui fait d’elle une grande vedette en Espagne.
Malheureusement, la suite est moins enthousiasmante avec des productions franquistes qui ne s’exportent pas du tout. Elle doit attendre Le Bourreau / El verdugo (Luis García Berlanga, 1963) pour retrouver un emploi à la hauteur de son talent. Le film est d’ailleurs un grand classique du cinéma espagnol. Ensuite, elle apparaît dans La Busca (Angelino Fons, 1966) et Fortunata y Jacinta (Angelino Fons, 1970).
Une vedette mature qui s’impose au cinéma et à la télévision
Prenant du poids, la comédienne se métamorphose physiquement et tourne encore dans La regenta (Gonzalo Suárez, 1974), avant de disparaître des écrans durant une dizaine d’années. En fait, elle mène une intense carrière théâtrale, tout en tournant quelques séries télévisées. Emma Penella retrouve le chemin des plateaux de cinéma en jouant un court rôle dans L’amour sorcier (Carlos Saura, 1986), mais c’est vraiment avec la comédie La Buraliste de Vallecas (Eloy de la Iglesia, 1987) qu’elle retrouve un succès flamboyant. Elle y incarne le rôle-titre et s’impose comme une actrice comique de premier plan. Il s’agit d’une véritable renaissance, comme une deuxième carrière qui s’ouvre à elle.
Pourtant, elle va encore privilégier la scène, puis la télévision. En 2003, alors qu’elle est à la retraite, elle est sollicitée pour jouer dans la sitcom Aquí no hay quien viva qui est un triomphe et totalise 91 épisodes entre 2003 et 2006. Elle achève sa carrière avec 13 épisodes de la sitcom La que se avecina en 2007.
Finalement, la star populaire décède en 2007 des suites d’une septicémie alors qu’elle avait 76 ans.