Chris Columbus

Réalisateur, Scénariste, Producteur
Ta mère ou moi - l'affiche du film de Chris Columbus

Personal Info

  • Nationalité : Américain
  • Date de naissance : 10 septembre 1958, Spangler, Pennsylvanie (Etats-Unis)
  • Crédits photos : Copyrights : Rent (Columbia Tristar) - Ta mère ou moi et I love You Beth Cooper (Twentieth Century Fox)

Biographie

Note des spectateurs :

Chris Columbus est le réalisateur de quelques-uns des plus gros succès de l’histoire du cinéma américain, notamment Maman, j’ai raté l’avion et les deux premiers Harry Potter. Pourtant, peu de cinéphiles lui portent un culte. Explications…

Né en 1958, Chris Columbus se fait connaître dans les années 80 comme scénariste. Il travaille sur le teen movie rebelle Reckless, de James Fowley, avec Aidan Quinn et Daryl Hannah, le premier Gremlins, Le secret de la pyramide, et les Goonies pour Steven Steven Spielberg et Amblin Entertaiment.

Il réalise en 1987 son premier long métrage, Nuit de folie, un teen movie dans la lignée du cinéma de John Hugues (celui de 16 bougies pour Sam et non Breakfast Club). Le divertissement permet à l’actrice Elisabeth Shue d’atteindre une certaine notoriété. Succès aux États-Unis, la comédie urbaine et noctambule est un échec en France, en 1988, comme beaucoup des spectacles familiaux que Chris Columbus mettra en scène. D’ailleurs son long suivant, Heartbreak hotel, ne sera même pas distribué sur notre territoire.

En 1990, il réalise Maman, j’ai raté l’avion que produit John Hugues. Le film est un phénomène de société aux USA et réoriente la comédie familiale américaine en mettant un terme à la mode des films pour gosses et pré-ados qui avaient pullulé tout au long des années 70 et 80. Désormais, bébé et enfants seront les héros de productions lisses au potentiel de plusieurs centaines de millions de dollars au box-office. Maman, j’ai raté l’avion (2 240 000 entrées) révèle par ailleurs l’acteur Macaulay Culkin, à la carrière assez brève, que le réalisateur retrouvera en 1992 pour l’inévitable suite, Maman, j’ai encore raté l’avion (2 359 000).

Entre les deux films, Columbus propose une comédie avec un casting synonyme de bides en France. Ta mère ou moi, réunissant des acteurs peu appréciés du public français comme John Candy, James Belushi, Ally Sheedy… Ce remake de Marty (1955) passe donc inaperçu sur notre territoire, ne restant qu’une quinzaine de jours à l’affiche.

En 1993, Chris Columbus est de nouveau l’auteur d’un succès mondial colossal, Madame Doubtfire, avec la star comique du moment, Robin Williams. En février 1994, le film ouvre en France et achèvera sa carrière à 4 982 000 spectateurs.

En 1995, Columbus tout-puissant met en scène Hugh Grant et Julianne Moore dans le remake américain d’une comédie française. Neuf mois aussi est donc la relecture du film de Patrick Braoudé, Neuf mois, qui venait à peine de sortir sur les écrans français. Il s’agissait par ailleurs du premier divertissement de Hugh Grant à la suite d’un autre phénomène du box-office, 4 mariages et un enterrement. Peu friands de remakes américains de leurs propres comédies, les Français se déplacent éventuellement pour le comédien britannique (385 000 entrées).

Médiocre tâcheron ?

Après cette série de divertissements pas forcément intéressants sur la forme (euphémisme), et le scénario du spectacle de Noël La course au jouet, avec Arnold Schwarzenegger, un flop énorme (1996), le réalisateur producteur millionnaire décide de s’orienter vers un spectacle plus adulte. Le mélodrame Ma meilleure ennemie, avec Julia Roberts et Susan Sarandon, est un nouveau succès (999 000 entrées), fort de la notoriété des deux actrices, alors toutes deux en vogue dans les années 90. Les critiques demeurent toutefois peu enthousiastes. Columbus ne parvient pas à casser son image de tâcheron médiocre.

Avec L’homme bicentenaire, Chris Columbus connaît son premier vrai échec, alors que le film marque ses retrouvailles avec le comique Robin Williams. Ce dernier est dans une phase descendante, la comédie de science-fiction est épouvantable et se solde par 107 000 spectateurs au box-office français.

Filmographie de Chris Columbus

Copyrights : Rent (Columbia Tristar), Ta mère ou moi et I love You Beth Cooper (Twentieth Century Fox)

Chris Columbus engendre Harry Potter au cinéma

Heureusement, la carrière du réalisateur-scénariste va connaître un rebondissement inattendu en 2001. Warner lui a confié le chantier ambitieux d’un film pour enfants de 2h20 d’après un best-seller britannique écrite par une certaine J.K. Rowling, Harry Potter à l’école des sorciers. Le blockbuster original est artistiquement une bonne surprise, même si Columbus, pas forcément dans son genre de prédilection à la réalisation, livre un numéro qui manque un brin de fantaisie. Cela reste de très loin le meilleur film de sa carrière.

Nouveau phénomène de société, Harry Potter 1 dépasse les 9 346 000 spectateurs en France et les 300 000 000$ de recettes aux USA. La mode des adaptations de roman pour jeunes est lancée et durera plus d’une décennie, alors que parallèlement Le seigneur des anneaux donne raison aux studios qui envisagent des projets d’ampleur prenant le temps de mettre en scène le détail littéraire.

En 2002, Chris Columbus récidive avec le second volet de la franchise un peu plus sombre : La chambre des secrets atteint 8 798 123 spectateurs. La franchise prendra un autre départ, avec l’arrivée d’Alfonso Cuarón, sur le troisième épisode.

Les déboires de l’après-Harry Potter

Dans les années 2000, le cinéaste millionnaire multiplie les projets en qualité de producteurs, beaucoup avec succès : Les Quatre Fantastiques, La nuit au Musée, et même La couleur des sentiments, film à Oscars qui connaît un accueil enthousiaste en 2011.

Toutefois, en tant que réalisateur, celui qui transformait en or tout ce qu’il touchait va se compromettre dans des projets comptant parmi ses plus grands échecs. La comédie musicale Rent est bidon, et I love you, Beth Cooper, une comédie pour ado indigente, indigne de sa carrière passée. Et quand Chris Columbus essaie de revenir au phénomène Harry Potter en 2010, c’est par le prisme d’une autre adaptation de franchise littéraire pour jeunes adultes, celle des Percy Jackson. Le voleur de foudre, avec son casting fade, est loin d’égaler le charme de Harry Potter et ne plaira qu’aux jeunes spectateurs de 2010, ne réussissant pas à attirer les autres générations. Cela sera un petit succès, avec 1 232 000 spectateurs, quand Rent avait capté 5 211 Français (no comment) et Beth Cooper… 2 782 !

Percy Jackson, bien-aimé des 8-15 ans du début de la décennie, accouchera d’une suite boiteuse coproduite par Columbus, La mer des monstres, en 2013. Fin des aventures cinématographiques : la Fox arrête les frais, même si le personnage demeure populaire auprès des jeunes spectateurs qui voueront un culte à cette franchise naissante.

Voilà, c’est fini

Sentant qu’il a fait son temps derrière la caméra, Chris Columbus se retire peu à peu de la réalisation. Dans les années 2010, il ne tournera que Pixels, tentative cynique de franchise avec des comiques populaires (Adam Sandler, Kevin James…), sur la mode rétro des jeux vidéo vintage. C’est un nouvel accident industriel pour le cinéaste qui essuie un lourd tribut aux USA, même si en France, le spectacle estival lui permet de grappiller quelques 727 000 entrées.

Le vent a tourné. Chris Columbus est donc le père de projets populaires qui ont forgé les divertissements dont les foules se sont gavés, mais il ne sera jamais devenu un Spielberg ou un Peter Jackson. Une frustration qui l’aura plombé jusqu’au bout.

Frédéric Mignard

Harry Potter à l'école des sorcières, affiche reprise

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