Réalisateur et scénariste espagnol, Alberto Rodríguez est né à Séville en 1971 et a effectué sa formation cinéma à l’Université de cette même ville. Il a terminé ses études avec le court-métrage Bancos qui a reçu une dizaine de prix dans les festivals en 1997. Ce beau succès lui a permis d’en tourner une deuxième version plus professionnelle en 2000.
La même année, il passe au long-métrage avec El factor Pilgrim (2000) qu’il coécrit également. Si le film fait encore un peu amateur, cela ne l’empêche pas de recevoir un prix au Festival du film de San Sebastian. En 2002, il rencontre un premier beau succès avec Le costard (2002) qui est aussi son premier long-métrage à sortir en France. Toutefois, la véritable révélation intervient avec son troisième film intitulé Les 7 vierges (2005) qui reçoit notamment un Goya du meilleur jeune espoir masculin pour Jesús Carroza. En France, cependant, le métrage n’attire que 5 731 curieux. Une misère.
Après le drame After (2009) passé plutôt inaperçu, Alberto Rodríguez passe à la télévision le temps de tourner quatre épisodes de la série historique Hispania, la leyenda. Cela lui permet de patienter jusqu’à la réalisation de Groupe d’élite (2012), intéressant polar porté entre autres par le magnétique Antonio de la Torre. Malgré seize nominations aux Goya et deux récompenses (dont celle du meilleur espoir masculin pour Joaquín Núñez et du meilleur acteur dans un second rôle pour Julián Villagrán), le polar ne sort en France qu’en vidéo.
Si Alberto Rodríguez est déjà bien connu des Espagnols, il faut attendre la sortie de l’excellent La isla minima (2014) pour que le public français le repère vraiment. Avec 323 911 entrées, ce long-métrage est un réel succès, sachant que les Français boudent le cinéma ibérique quand le nom de Pedro Almodovar n’est pas en haut de l’affiche. Cette fois-ci, le film décroche dix Goya dont celui du meilleur film, amplement mérité.
Deux ans plus tard, L’homme aux mille visages (2016) fait beaucoup moins bien avec seulement 58 827 entrées malgré de réelles qualités. Le film bénéficie de l’excellente prestation de Jose Coronado et décroche deux Goya dont celui de la meilleure adaptation pour Alberto Rodríguez. Celui-ci repart un temps à la télévision où il réalise six épisodes de la série La peste (2019). Il revient au grand écran avec Prison 77 (2022) qui fait l’ouverture du Festival de San Sebastian et reçoit encore seize nominations aux Goya. Il en remporte plusieurs, mais plutôt dans des catégories techniques. Le métrage sort directement en VOD en France.