Le premier volet de Comme des Bêtes s’impose comme une comédie irrésistible et savoureuse en forme d’hommage bienvenu aux classiques américains des années 40-50. Un triomphe au box-office.
Synopsis : La vie secrète que mènent nos animaux domestiques une fois que nous les laissons seuls à la maison pour partir au travail ou à l’école.
L’un des plus grands succès hors-franchises des années 2010
Critique : Universal s’est chargé en moins d’une décade de se construire un catalogue d’œuvres originales, dans le but de les décliner en franchises, notamment dans le domaine de l’animation, où le studio numéro 1 en 2015, devant Disney (oui, déjà une éternité !), s’est fait un nom avec les trois Moi, Moche et méchant, et le spinoff officiel, Les Minions.
Coopérant avec la petite structure d’animation à la réputation mondiale, Illumination MacGuff, Universal peut désormais s’enorgueillir d’un nouveau triomphe commercial avec Comme des bêtes qui a atteint le sommet du box-office non-franchisé avec plus de 875 000 000$ dans le monde. Hors des suites et des films de super-héros, pareil attroupement est rare et il fallait donc bien des qualités à Comme des bêtes pour trouver un si large public.
La formule du domestique merveilleux de Pixar appliqué au poil
Et effectivement, le phénomène chien-chat est mérité. Le sujet emprunte une formule propre à Pixar, à savoir donner une épaisseur psychologique aux choses du quotidien, ici des animaux domestiques, dont on s’intéresse à la vie secrète quand leurs maîtres s’absentent. Une approche existentielle irrésistible qui n’est pas sans rappeler le sort des jouets laissés à eux-mêmes quand les enfants dorment ou qu’ils les délaissent, dans Toy Story.
A l’instar du Pixar mentionné plus haut, le thème est universel : les enfants grandissent avec des jouets et souvent en compagnie d’animaux domestiques, qu’ils soient chiens, chats et autres. Ils traversent les vies, et laissent des souvenirs aussi vifs qu’émouvants. Aussi la judicieuse promo du film distillée en une longue année avant la sortie, par le service marketing de Universal, a suscité la bienveillance autour d’un partage d’intérêt consensuel. Le département marketing a fait fort : charmer, enchanter, séduire, faire sourire, voire rire, à travers des teasers opportuns, des extraits et des bandes-annonces percutantes qui ont fait l’unanimité, mais dont on pouvait redouter qu’ils montrent l’essentiel du film, tant dans la trame que les gags. Il n’en a rien été, Comme des Bêtes fourmillait de bonnes surprises.
Une comédie à la Lubitsch et Capra
Sans être une tuerie décomplexée dans la comédie et le gag, The Secret life of pets investit les cœurs en installant des situations connues qui ravivent à l’esprit les expériences du quotidien. Le bestiaire se déploie à l’écran, fanfaron et trognon, dans une animation qui prend le temps d’imposer son rythme, comme dans les comédies rocambolesques de Lubitsch et de Capra qui instauraient une certaine idée du bonheur, du bien-être et du vivre ensemble.
On ne choisira point entre les chats et les chiens, qu’ils s’opposent ou s’associent, et l’on sera autant séduit par les personnages principaux comme secondaires, qu’ils soient qualifiés de “bons” ou de “mauvais”, avec tout ce qu’il y a de gris au centre.
Comme des bêtes est à adopter sans modération
Le sous-texte est sûrement moins pertinent, moins fin que celui de Zootopie, sorti peu avant chez Disney, auquel on ne peut que penser forcément, au vu d’omniprésent catalogue d’animaux parlants qui est déployé dans les deux films. Cela n’enlève rien aux qualités artistiques du film de Chris Renaud qui ne cherche pas à plastronner en déployant ses techniques. Humble et sincère, la comédie de potes entre deux chiens que tout oppose et qui se retrouvent forcés à la cohabitation sous le même toit, puis perdus dans la ville, est un buddy-movie tout ce qu’il y a de plus enchanteur, de tailles variées, dans la ville et ses sous-sols ténébreux, habités par des alligators, une vipère à louer (on parle ici du culte…) et surtout un lapin, faussement trognon, vraiment grognon et ravagé, qui carbure au taureau ailé, voué avec son équipe de parias sur pattes, à mettre un terme à l’hégémonie humaine.
Bref, on ressort enchanté par autant de dextérité technique et de personnages exquis qu’on adopterait pour la vie. Oui, même les adultes y trouveront des petites vies à aimer en compagnie de leurs enfants qui seront aux anges. Cela leur évitera des adoptions précipitées qui se termineront à la SPA comme chaque été…
Critique de Frédéric Mignard



