Producteur, réalisateur et scénariste espagnol, Daniel Mangrané est né en 1910 à Tortosa, en Catalogne. Fils du grand industriel Daniel Mangrané Escardó, également député de gauche durant la période de la Seconde République espagnole, Daniel Mangrané est tout d’abord ingénieur chimiste et il travaille notamment dans la vaste entreprise familiale. Titulaire d’un doctorat de chimie à Rio de Janeiro, l’homme voyage beaucoup et vit tour à tour en France, en Allemagne et en Italie, avant de se réfugier à Lyon durant la guerre civile espagnole des années 30. Durant sa période française, il a contribué à la création du mercurochrome.
Pourtant, Daniel Mangrané développe parallèlement une passion pour le septième art. Il s’investit dans l’écriture de scénarios et la production dès 1936, travaillant essentiellement pour la partie nationaliste – et non républicaine comme son père. Il crée notamment le film Nuevos ideales (Salvador de Alberich, 1936), considéré comme une œuvre typiquement bourgeoise et réactionnaire. Pourtant, après ce premier coup d’essai peu convaincant, il patiente jusqu’au début des années 50 pour redevenir actif dans le domaine du cinéma.
Ainsi, il produit les films Rumbo (Ramón Torrado, 1950) et La gitane de Grenade (Ramón Torrado, 1951), avant de se lancer dans l’œuvre de sa vie, l’adaptation de l’opéra de Wagner Parsifal (1951), qu’il coréalise avec Carlos Serrano de Osma, chargé de la partie technique du long métrage. Le résultat est une fresque religieuse typique du cinéma catholique de l’époque franquiste. Ensuite, il enchaîne avec El duende de Jerez (1954), une comédie fantastique qui ne marque pas les esprits et qui demeurera son dernier effort pour le cinéma.
Daniel Mangrané décède en 1985 à l’âge de 75 ans.