Comédie potache de première année à l’université, Je ne pense qu’à ça est une production New Line de dernière zone, par le réalisateur de My Demon Lover.
Synopsis : Afin de devenir réalisateur cinématographique, Charlie s’inscrit à l’université. Les cours consistent à réaliser divers courts métrages devant faire l’objet d’une sélection en fin d’année.
De nature timide et inexpérimentée, Charlie n’ose pas parler aux filles.
Hélène, étudiante en 3e année, essaie de le décoincer, sans résultat.
De retour pour un week-end chez ses parents, il comprend que ceux-ci ne veulent qu’une chose, qu’il ramène une petite amie pour leur prouver qu’il est normal. Il est beau garçon, il a de l’argent. Il faut qu’il ose. Mais son côté sentimental lui fait préférer des relations profondes à des aventures passagères.
Après de multiples péripéties pour réussir à tourner son film, il gagnera le concours de fin d’année et l’estime des autres.
Critique : Présenté au marché du film à Cannes en 1981, Je ne pense qu’à ça a bien eu du mal à se vendre puisqu’il ne sortit qu’en 1982 aux USA, grâce à New Line Cinéma qui l’a coproduit avec des proches du jeune cinéaste de 22 ans pour 250 000$, sans grand succès. Pour le jeune producteur Sam Irvin (futur réalisateur de séries B en pagaille, dont Elvira’s Haunted Hills), l’expérience lui apprendra le système D, aux côtés du réalisateur Charlie Loventhal, pote avec lequel il bossa sur le film de Brian De Palma Home Movies (1979). De Palma consultera d’ailleurs le script même du film de son directeur de casting sur ce projet improvisé qu’est Home Movies. La classe.
La comédie potache Rated R (interdit aux mineurs non accompagnés), écrite sur des bases autobiographiques, typique de son époque, relate les premiers pas d’un jeune puceau sur un campus américain. En revanche, selon les spectateurs qui ont eu l’opportunité de le découvrir, ce n’est pas et de loin la plus osée des comédies de ce genre marqué par des titres comme Porky’s (Bob Clark, 1982), The Last American Virgin (Boaz Davidson, 1982), Revenge of the Nerds (Jeff Kanew, 1984) ou Screwballs (Rafal Zielinski, 1983). Le travail promotionnel de New Line pour survendre le côté sexy du film décevra forcément les rares spectateurs qui le découvriront en drive-in en 1982 (lire cet article pour en savoir plus). Charlie Loventhal n’avait pas l’intention d’en faire un manifeste de vulgarité.
Samuel Hadida, via Metropolitan FilmExport qui commençait à développer des liens historiques avec New Line Cinema, achètera les droits pour une exploitation expéditive en France. Il sort la comédie adolescente en mars 1984, exclusivement en province, sous le titre délirant Je ne pense qu’à ça.
Hadida charge Vanni Tealdi d’en tirer un visuel sympa dans le style pop dessiné des années 80 où il excellait aussi.
Depuis, Je ne pense qu’à ça est passé aux oubliettes. Inédit en vidéocassette en France, le film a beaucoup de mal à exister sur le territoire américain où survivent quelques rares VHS.
Le réalisateur réitèrera en 1987 avec Mon démon bien aimé pour New Line (1987), Mr. Write (1994), à peine distribué aux USA, et Meet Market (2004), avec Elizabeth Berkley et Julian McMahon, qui lui permettait de retomber dans les potacheries avec un budget de caniveau. Il sera à peine exploité en vidéo. Comme il le dit, le cinéma indépendant n’était plus ce qu’il était…
Les sorties de la semaine du 7 mars 1984

Copyrights : Vanni Tealdi pour Metropolitan FilmExport