Les 4 Fantastiques et le Surfer d’argent est une grosse série B sans style et sans envergure dont la seule ambition est de divertir sur 1h30 top chrono. Maigre.
Synopsis : Alors que le mariage de Mr Fantastic et de la Femme Invisible s’annonce comme l’événement de l’année, un mystérieux Surfer d’Argent surgit de l’espace et provoque d’étranges phénomènes sur la Terre. Rapidement, les 4 Fantastiques vont découvrir le dessein secret de cet être aux pouvoirs surprenants et la menace qu’il fait peser sur notre planète, mais ils vont aussi voir ressurgir leur ennemi juré… Face au danger, amis et ennemis vont devoir unir leurs forces comme jamais…
Critique : Vite torché (une durée de comédie d’1h30, alors que les productions super-héroïques durent entre 2h00 et 2h30) ; un scénario kleenex (il faut savoir aller à l’essentiel, surtout quand on n’a rien à raconter) ; des effets spéciaux bâtards (un quart d’entre eux font pâles figures face aux productions concurrentes), une psychologie de pacotille (une légère réflexion sur le droit à la famille des “anormaux” et une obsession récurrente pour le mariage et le désir de finir sa vie dans les bras de sa dulcinée), Les Quatre Fantastiques et le Surfer d’argent n’apporte rien au genre.

Affiche du segment original © 2005. Twentieth Century Fox. All Rights Reserved.
Si cette production Marvel se suit sans temps mort, elle laisse toujours cette désagréable sensation de gâchis. On se surprend à imaginer à maintes reprises ce à quoi cette adaptation du comic book de Stan Lee et de Jack Kirby aurait pu ressembler avec un grand nom derrière la caméra. Déjà aux commandes d’un premier volet bâclé, Tim Story, cinéaste issu du cinéma communautaire afro-américain (Barbershop, Think Like a a Man), manque cruellement d’ambitions visuelles.
Aussi, sa réalisation ne s’élève jamais au niveau des fulgurances de son quatuor. Il s’avère incapable d’installer une ambiance ou de donner une résonance particulière aux aventures de ses héros. Il filme des caractères lisses que l’on croirait issus d’une banalité faite comédie, oubliant qu’il est aux commandes d’une institution aux yeux des lecteurs Marvel. Mais voilà, les fanfaronnades de la Torche Humaine (Chris Evans) semblent plus intéresser le cinéaste que le cruel dilemme du Surfer d’Argent, l’unique figure méritant ici nos égards. Le cinéaste reproduit à l’identique les erreurs du segment précédent, fort du succès surprise que celui-ci remporta à sa sortie en 2005, refusant de donner à cette suite l’ampleur et l’envergure dont elle avait vraiment besoin pour installer la franchise dans la durée et la crédibilité. Une déception tout juste bonne à séduire les moins de 16 ans.
Avec un budget de 120-130 millions de dollars, ce deuxième segment des 4 Fantastiques se devait de réaliser au moins 350 millions de dollars de recettes dans le monde. Après tout, en 2005, pour 87M$ de budget, le premier numéro avait engrangé 154M$ aux USA et 333M$ dans le monde entier.
Malheureusement, Le Surfer d’argent sera un échec, récoltant 44M$ de moins à l’échelle mondiale, malgré un budget de 40M$ plus élevé. Un résultat inacceptable pour la Fox qui garde en tête les 400 et 450M$ d’X-Men 2 (2003) et X-Men l’affrontement final (2006).
Avec un 18e place annuelle aux USA, Les Quatre Fantastiques et le Surfer d’argent est un affront pour le studio qui a connu une année 2007 exécrable ne classant qu’un seul film dans le top 10 annuel, l’adaptation des Simpson au cinéma qui atteint la 10e place (183M$). Le même été, la Fox a subi le flop de Die Hard 4... C’est une catastrophe pour la Twentieth Century Fox qui contemple avec envie les 336M$ (aux USA) de Spider-Man 3 (Sony), les 322M$ de Shrek 3 et les 319M$ de Transformers (Dreamworks), les 309M$ de Pirates des Caraïbes 3 (Disney), les 292M$ d’Harry Potter 4 (Warner) ou les 227M$ de La vengeance dans la peau (Universal).
En France, nos Quatre Fantastiques feront au moins illusion, avec 1 671 000 spectateurs, mais le total hexagonal représente une baisse de 600 000 entrées par rapport à son prédécesseur. Un score de production super-héroïque convenable sans plus, tellement loin des 6 320 000 entrées de Spider-Man 3, des 6 175 000 entrées de Harry Potter et l’ordre du Phénix, des 5 639 000 entrées de Pirates des Caraïbes, jusqu’au bout du monde... Durant cette année 2007, pas moins de 6 films avaient attiré plus de 5 millions de spectateurs, dont Ratatouille à 7 860 000.
C’était une autre époque, celle où les multiplexes faisaient rêver les spectateurs.
Après cette déception critique et commerciale, la Fox ne pouvait qu’abandonner momentanément cette franchise pour essayer de la faire renaître plus tard, avec un autre casting. En effet, le studio mettra Les 4 Fantastiques au bagne pendant 8 ans et présentera un reboot en 2015, signé Josh Trank, qui sera l’un des accidents industriels de la décennie, brisant la carrière du réalisateur de Chronicle.
En 2025, Disney, désormais aux commandes de la Fox, a repris les quatre freaks dans son parc à Marvel, avec un casting plus alléchant. A suivre.

© 2007. Twentieth Century Fox. All Rights Reserved.
La Fox propose quelques suppléments tout à fait acceptables pour cette suite à succès qui se veut divertissante, faute d’être un monument du film de super héros. Les scènes supplémentaires ou rallongées, présentées dans un master approximatif, n’apportent rien si ce n’est une bonne dose d’humour dans un métrage qui en comporte déjà un peu trop. Leur retrait de l’œuvre finale est donc tout à fait compréhensible. Trois séquences storyboardées numériquement sont également proposées aux curieux. L’exercice est amusant. On en retiendra surtout l’impressionnante chute du London Eye.
Le making-of d’environ 10 minutes sur la création du Fantasticar est à réserver aux fans de la bédé et de la franchise purs et durs. C’est gentiment technique et totalement barbant pour ceux qui n’ont pas d’intérêt particulier pour ce genre de gadget.
Un documentaire entrecoupées d’interviews intitulé Les 4 éléments revient sur les relations entre les personnages et leur évolution entre les deux films. Il s’agit là d’une tentative assez vaine de donner un minimum de relief à des personnages qui n’en ont vraiment pas. Au moins, cela a le mérite d’être court (environ onze minutes). Enfin, pour ceux qui en veulent plus, l’éditeur a eu la bonne idée de compléter les suppléments par deux commentaires audio – un du réalisateur et un autre du producteur Avi Arad et l’équipe du film.
On redécouvre ce blockbuster ! Les images d’une grande netteté et d’un contraste pointu s’éloignent des tons ternes de la copie proposée en salle. Un vrai délice.
Le son s’avère d’une efficacité à toute épreuve en 5.1 – français et anglais. Il est néanmoins dommage que l’éditeur ne propose de piste DTS qu’en notre langue. Celle-ci est au moins tonitruante, mais l’on aurait aimé que la version originale soit traitée avec autant d’égards

© 2007. Twentieth Century Fox. All Rights Reserved.
Tim Story, Chris Evans, Laurence Fishburne, Kerry Washington, Ioan Gruffudd, Michael Chiklis, Andre Braugher, Julian McMahon, Jessica Alba