La reine soleil est une jolie adaptation du célèbre roman de Christian Jacq, à la fois instructive et divertissante pour les égyptologues en herbe.
Synopsis : Egypte antique, 18ème dynastie. Akhesa, ravissante princesse de 14 ans, est loin d’imaginer qu’elle règnera un jour sur l’Egypte… Lorsque son aventure commence, l’impétueuse jeune fille se rebelle contre son père, le pharaon Akhenaton. Elle refuse de vivre confinée dans l’enceinte du palais royal et veut découvrir pourquoi sa mère, la reine Nefertiti, est partie s’exiler sur l’île d’Eléphantine. Akhesa s’enfuit avec l’aide du prince Thout, dans l’espoir de retrouver sa mère. Au mépris du danger, les deux adolescents voyagent alors des rives du Nil aux dunes brûlantes du désert, et affrontent avec courage le mercenaire Zannanza et les prêtres qui complotent pour renverser le pharaon. Avec leur innocence comme seule arme, Akhesa et Thout surmonteront de nombreuses épreuves, et connaîtront ensemble un destin extraordinaire.
Critique : S’inspirant du mystère entourant la disparition du Pharaon Akhenaton, l’écrivain Christian Jacq a échafaudé une intrigue plausible mêlant suspense, trahisons et mysticisme dans La reine soleil, roman historique publié avec un succès retentissant en 1988.
Idéalisant sans doute quelque peu le règne de ce pharaon mystique qui tenta par la force d’imposer un Dieu unique – Rê, divinité solaire – dans un pays profondément polythéiste, Jacq s’appuie sur de solides connaissances pour peindre le portrait d’un Etat en crise, doutant de sa propre foi et peu à peu gangrené par les complots des prêtres d’Amon.

© 2007 Belokan Productions – Rézo Productions – France 3 Cinéma. / Crédit photo : © 2019 Splendor Films. Tous droits réservés.
Adapter une histoire aussi complexe en dessin animé destiné aux enfants était un défi particulièrement dur à relever. Pari en partie gagné par Philippe Leclerc, déjà auteur d’un joli Les enfants de la pluie (2003) sur des dessins de Caza.
Tout en respectant au maximum la vérité historique, le cinéaste parvient à raconter une histoire qui touchera sans doute les enfants à partir de huit ans. Tout d’abord parce que les héros sont deux adolescents auquel le jeune public pourra s’identifier et ensuite parce que l’ensemble est traité avec suffisamment d’humour pour faire passer les longs passages dialogués. Enfin, le personnage d’Akhesa a été profondément modernisé au point d’en faire une jeune fille forte, dominatrice, à la lisière du garçon manqué, toutes caractéristiques peu probables pour une princesse de l’Egypte ancienne.
Si la thématique est tout à fait intéressante, on regrette pourtant que la forme ne soit pas plus convaincante : manquant sérieusement de fluidité, l’animation en 2D trahit parfois les limites budgétaires du projet. Les couleurs chatoyantes sont très belles, mais certains choix graphiques sont contestables, comme cette ressemblance des personnages avec ceux des productions américaines – Disney et Dreamworks en tête. Ainsi, pourquoi avoir choisi des formes si anguleuses, finalement peu esthétiques ?
De plus, contrairement à son confrère Michel Ocelot, Philippe Leclerc n’ose pas toujours aller au bout de ses idées poétiques : ce n’est que vers la fin du métrage qu’il se permet une superbe échappée mystique dans l’univers culturel si riche des Egyptiens. La reine soleil est donc un divertissement tout à fait recommandable, très instructif pour les petits, mais un rien frustrant pour les plus grands.
Sans doute est-ce la raison qui explique l’échec commercial cinglant subi par cette production lors de sa sortie en 2007. Moins de 40 000 spectateurs sur la capitale et un peu moins de 235 000 sur tout le territoire, voilà des chiffres qui évoquent les accidents industriels majeurs.
Déjà mis à mal par la fermeture de son studio d’animation Praxinos en 2004, Philippe Leclerc ne s’est jamais remis de cet échec et s’est tourné depuis 2007 vers l’enseignement de l’animation. La reprise en 2019 de son dernier long-métrage en date est donc l’occasion de lui rendre hommage, ainsi qu’à la production animée française.
Le site du distributeur de la reprise
Critique de Virgile Dumez

© 2007 Belokan Productions – Rézo Productions – France 3 Cinéma. Tous droits réservés.