Note des spectateurs :

Actrice, écrivaine, metteuse en scène et photographe française d’origine arménienne, Hermine Karagheuz débute au théâtre et au cinéma en 1967. Sur les planches, elle connaît un grand succès avec La dispute de Marivaux, mis en scène par Patrice Chéreau en 1973. Elle collabore avec des noms prestigieux du théâtre, de Georg Büchner à Laurent Terzieff en passant par Alfredo Arias et Roger Blin. Ce dernier est son compagnon, et Hermine Karagheuz lui consacre un ouvrage en 2002, Roger Blin – Une dette d’amour (éditions Séguier-Archimbaud).

La comédienne donne aussi des cours de théâtre à l’École régionale d’acteurs de Cannes (1997) et à l’École supérieure d’art dramatique de Paris (2001-2004). Dans les années 2010, elle effectue des lectures (René Daumal et Lydie Dattas, Apollinaire, Nerval) à la MC93 de Bobigny, à Paris, Bourges…

Au cinéma, Hermine Karagheuz est d’abord dirigée par François Billetdoux et Jacques Baratier. Elle devient surtout l’un des visages familiers du cinéma de Jacques Rivette. Elle irradie ainsi l’écran dans Out 1 : Noli me tangere (1971) et Duelle (1976). Le cinéaste lui offre des rôles plus secondaires dans Merry-Go-Round (1981) et Secret défense (1998), où elle interprète l’infirmière.

Affiche de Duelle de Jacques Rivette

Duelle © 1976 Les Productions Jacques Roitfeld, Sunchild Productions. Tous droits réservés.

Hermine Karagheuz fait aussi des apparitions dans Monsieur Klein (1976) de Joseph Losey, La mémoire courte (1979) d’Eduardo de Gregorio et Guns (1980) de Robert Kramer. Jeanne Moreau, Michèle Rosier et à nouveau Chéreau font appel son charisme.

Hermine Karagheuz a également interprété Éponine dans la mini-série Les misérables (1972) version Marcel Bluwal, et a vu ses photos exposées en 1985 et 1994. Son dernier rôle au cinéma fut dans Nocturama (2016) de Bertrand Bonello.

Hermine Karagheuz est décédée à Paris le 30 avril 2021.