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Goran Paskaljević était l’un des cinéastes yougoslaves et serbes les plus primés. Son film le plus célèbre est le percutant Baril de poudre (1998).

Un cinéaste acerbe et critique

Goran Paskaljević naît à Belgrade en 1947, deux ans après la création de la république fédérative socialiste de Yougoslavie. Il passe son enfance dans le sud de la Serbie. Jeune adulte, il revient à Belgrade pour travailler à la Cinémathèque yougoslave, avant d’étudier à l’étranger et d’obtenir un diplôme à l’école de cinéma et de télévision de l’Académie des arts du spectacle de Prague. De 1969 à 2019, Goran Paskaljević tourne des courts et longs métrages, des films de fiction et des documentaires, et obtient de nombreux prix internationaux et sélections dans des festivals.

L’une de ses premières récompenses est le Prix spécial du Jury du Comité International pour la Diffusion des Arts et des Lettres par le Cinéma décerné à Cuvar plaze u zimskom periodu (1976) au Festival de Berlin. En 1980, Traitement spécial, en compétition officielle au Festival de Cannes, aborde avec acuité les dérives et hypocrisies des cures de désintoxication alcoolique dans les pays de l’Est. Présenté à la Quinzaine des Réalisateurs en 1987, Ange gardien décrit sans concessions un trafic d’enfants tziganes via un réseau italo-yougoslave. L’émergence du nationalisme lors de l’éclatement de la Yougoslavie contraint le réalisateur à l’exil en 1992.

La consécration de Goran Paskaljević avec Baril de poudre

En 1998, Baril de poudre marque son grand retour et le sommet de sa carrière. Le film qui décroche notamment le Prix FIPRESCI au European Film Awards et au Festival de Venise est à la fois efficace et subtil dans son approche des conflits ethniques inhérents à l’ex-Yougoslavie : un véritable coup de poing. Le cinéaste déclare au sujet de son long métrage : « Beaucoup de films ont traité de la Bosnie, ce qui est compréhensible. Nous avons tous été déchirés par cette tragédie. Aujourd’hui, j’éprouve le besoin, en tant que réalisateur yougoslave d’origine serbe, de montrer à mon tour les états d’âme actuels de mon peuple ». De la suite de sa filmographie, on retient surtout Honeymoons (2009), une coproduction serbo-albanaise qui est un modèle de construction narrative et un antidote aux discours xénophobes. Le film est primé aux festivals des Arcs, de Thessalonique et Valladolid.

Prix du public au Festival des Arcs en 2012, La partition inachevée, sorti en 2014, relate les déboires d’un vieux professeur, et confirme le goût du cinéaste pour le travail de mémoire : « Je voulais, à travers un film de fiction, parler également du problème de l’identité, de notre propension à oublier les leçons de l’Histoire, de notre attitude vis-à-vis des minorités, notamment des Roms aujourd’hui en Serbie », déclare Paskaljević à propos de ce long métrage. C’est son dernier film distribué en France.

Goran Paskaljević est décédé le 25 septembre 2020 à Paris à l’âge de 73 ans.

Crédit visuel : © 1999 Mact Productions. Tous droits réservés.