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Peu connue en France, l’actrice et scénariste Franca Valeri, centenaire depuis le 31 juillet 2020, s’est éteinte quelques jours après son anniversaire, et quelques mois après reçu un David di Donatello d’honneur pour l’ensemble de sa carrière.

Franca Valeri : de Fellini à Sergio Corbucci et Lucio Fulci

Franca Valeri débute à la scène alors qu’elle n’est qu’adolescente. Elle cofonde ensuite la Compagnie du Teatro dei Gobbi, puis se fait connaître à la radio et à la télévision italiennes par des sketchs satiriques, créant des personnages comme la « signorina snob » (Mademoiselle snob). Tout au long de sa carrière, Franca Valeri sera fidèle à un humour corrosif qui révèle aussi une vision critique de la société italienne. Elle aborde le cinéma en 1950 dans Les feux du music-hall de Federico Fellini et Alberto Lattuada, et apparaît dans des seconds rôles savoureux pendant des décennies.

Cousine disgracieuse de Sophia Loren dans Le signe de Vénus (1955) de Dino Risi, ou épouse de Mastroianni dans Le bigame (1956) de Luciano Emmer, elle devient un visage familier de la comédie italienne. Elle connaît un temps le vedettariat, sous la direction de son époux, l’acteur et réalisateur Vittorio Caprioli : elle a notamment le premier rôle de Parigi o cara (1962) qui, selon Claude Rieffel, « mérite amplement le statut de mini-film culte qu’il a acquis de l’autre côté des Alpes ». Elle y incarne Delia, une prostituée assumant les valeurs bourgeoises de la société de consommation.

Une actrice et une scénariste progressiste

L’actrice participe aussi au scénario du film, une fonction qu’elle avait déjà assurée pour Risi, et qu’elle renouvelle avec les autres métrages de Caprioli, dont Et si on faisait l’amour ? (1968), où on la retrouve en guest star aux côtés de Massimo Girotti, Valentina Cortese et Edwige Feuillère. Franca Valeri incarne aussi une politicienne dans Gli onoroveli (1963) de Sergio Corbucci, une journaliste dans Moi, moi, moi et les autres (1966) d’Alessandro Blasetti, ou une comtesse dans L’Italia s’è rota (1976) de Steno. D’autres metteurs en scène la dirigent au cours de sa longue carrière, dont Mario Soldati, Renato Castellani, Luigi Comencini, Luchino Visconti ou Lucio Fulci.

Et de Totò dans Totò en couleurs (1952) de Steno à Pierre Richard dans C’est pas moi, c’est lui (1980), en passant par Alberto Sordi dans Le veuf (1955) de Mario Monicelli, et Nino Manfredi dans Chacun son alibi (1960) de Mario Camerini, elle aura été le faire-valoir d’autres acteurs comiques. Elle tourne son dernier film en 2003, Toesca e altre due de Giorgio Ferrara, inédit en France, dont elle tient le premier rôle. Franca Valeri est encore l’interprète d’un téléfilm en 2014, puis se retire. Elle reçoit un Donatello d’honneur en mai 2020, fête son centenaire le 31 juillet, et s’éteint quelques jours après.