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Crédit visuel : © Paramount Pictures – Splendor Films

Ennio Morricone a signé les légendaires partitions de Sergio Leone, de Pour une poignée de dollars à Il était une fois en Amérique. Mais on lui doit aussi des bandes musicales pour Bellochio, Pasolini, Petri, Bertolucci, Polanski ou Tarantino.

Le compositeur attitré de Leone et du western italien

Ennio Morricone débute dans la musique classique et expérimentale avant de réaliser des arrangements pour des chansons populaires, à la télévision et à la radio. Il compose aussi des pièces de musique de chambre et devient chef d’orchestre. La notoriété lui est surtout apportée avec ses musiques de film, qui le rendent indissociables de grandes réussites du cinéma, et pas uniquement italien. On lui doit plus de cinq cents bandes musicales, de Mission ultra-secrète (1961) de Luciano Salce à The Canterville Ghost (2020) de Kim Burdon, dans un style singulier, mélangeant mélodies, percussions, sifflements et arrangements divers.

Sa collaboration avec Sergio Leone est essentielle, à l’instar de celle de Michel Legrand pour les films de Demy. Et nul doute que la réussite des œuvres du cinéaste et la fascination qu’ils exercent doivent beaucoup au travail de Morricone, de la trilogie des dollars à Il était une fois en Amérique (1984), en passant par Il était une fois dans l’Ouest (1968). Dans le cinéma de genre Italien, Leone reste célèbre pour ses partitions de westerns spaghettis (Le Retour de Ringo, Duccio Tessari, 1965), de gialli (L’Oiseau au plumage de cristal, Dario Argento, 1970) ou de thrillers (Le Venin de la peur, Lucio Fulci, 1971).

Ennio Morricone collaborateur des plus grands

Morricone compose aussi des scores pour le cinéma d’auteur et les grands maîtres du cinéma italien. De son abondante filmographie, on peut ainsi citer Les Poings dans les poches (1965) de Marco Bellochio, La Bataille d’Alger (1966) de Gillo Pontecorvo, Théorème (1968) de Pier Paolo Pasolini, Ce merveilleux automne (1969) de Mauro Bolognini, Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon (1970) d’Elio Petri, Sacco et Vanzetti (1971) de Giuliano Montaldo, Allonsanfàn (1974) des frères Taviani, 1900 (1976) de Bernardo Bertolucci ou Cinéma Paradiso (1989) de Giuseppe Tornatore.

Les réalisateurs et producteurs étrangers le réclament, et Morricone se retrouve au générique de Le Clan des Siciliens (1969) de Henri Verneuil, L’Exorciste II : L’hérétique (1977) de John Boorman, Les Moissons du ciel (1978) de Terrence Malick, Dressé pour tuer (1982) de Samuel Fuller, The Thing (1982) de John Carpenter, Mission (1986) de Roland Joffé, Les Incorruptibles (1987) de Brian De Palma, Frantic (1988) de Roman Polanski ou Attache-moi ! (1989) de Pedro Almodóvar.

Au cours de ses six décennies de carrière, Morricone aura également composé pour des réalisateurs aussi divers que Sergio Sollima, Franco Zeffirelli, Yves Boisset, Georges Lautner, Francis Girod, Damiano Damiani, Luigi Comencini, Barry Levinson, Warren Beatty…

Hollywood lui remet un Oscar d’honneur en 2007 et l’Oscar de la meilleure musique originale pour Les Huit salopards (2016) de Quentin Tarantino, qui le vénérait.

Ennio Morricone est décédé le 6 juillet 2020, à l’âge de 91 ans.