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“Le fils de 1990”, Perez, revient avec un troisième album moins accessible, un OVNI qui se savoure à condition de pousser l’effort aux écoutes multiples pour en atteindre la saveur extatique.

Julien Perez s’affranchit toujours plus de la réalité commerciale du marché, et celle de son premier album aux mélodies entêtantes, voire trendy. Saltos était un bijou et avait fait parler de lui, gorgé de morceaux tubesques.

Avec l’album Cavernes, le brun ténébreux quittait Barclay pour monter son propre label et puiser l’inspiration dans l’underground berlinois, avec des sons de dancefloor nineties tonitruants qui démontaient les méninges par leurs complexité acide. Le projet subjuguait.

Avec Surex, le Bordelais, aux origines espagnoles toujours plus revendiquées, ne semble guère envisager un semblant de flirt avec les radios ou un rail de coke avec le showbiz mainstream.

Surex est, a priori, un album rebutant de par sa pochette synthétique, où son effigie numérique écarquille les yeux comme un oiseau de nuit en fin d’after. Il a osé.

Le titre abscons et énigmatique n’évoque pas grand-chose, si ce n’est un vortex onirique, de plongées cauchemardesques qui vrillent dans une dégénérescence électro-pop sur laquelle l’artiste semble se complaire dès la première écoute.

Album ravagé, qui libère une énergie brute, Surex déstabilise. Avec des morceaux comme El Sueno, Z, ou Allongé sur la plage, il libère des truculences exponentielles dans un abîme de plaisirs qui évoque Cavernes de par son ambiance primitive.

Perez : Surex est un vortex de cauchemars éveillés

Les titres accessibles aux premières écoutes sont peu nombreux. Le premier single, Animaux, ouvre l’album comme une réminiscence de trip-hop façon Massive. Ticket est aussi un bon début pour entrer dans l’intériorité du concept, tout comme l’hypnotique Hiroshima et ses rimes branlantes qui démontrent l’obsession onirique de ce conceptuel. Le morceau imprègne par sa férocité.

Avec ses petites transitions de quiétudes cold wave et / ou expérimentales (Amigo, voire Ecole, Sable rouge), l’album grandit dans sa déconstruction. Perez semble renaître dans l’amniotique Du lait dans les yeux qui baigne dans les mêmes chimères qu’Ecole.

Avec Spam, en mode hologramme, Julien Perez entre en transe, sur des beats jungle et new wave à la Taxi Girl. Désormais Perez lévite dans un trip régressif où il perce l’armure en se murant dans le statut impersonnel du spam urbain qui déambule…

Déstabilisant et euphorisant, Surex est le projet le plus abouti de Perez. Un cauchemar éveillé qui suscite le sentiment fascinant d’en ressortir ébranlé, différent après l’avoir gobé, puis assimilé.

Ne cherchez plus, le gars sur la pochette, c’est peut être bien vous…

Perez – Surex (Etoile Distante), disponible en CD, LP et Digital. / Sortie le14 février 2020 / En concert à la Maroquinerie, le 12 mars 2020

Frédéric Mignard

Surex, 3e album de Julien Perez
© 2020 Etoile Distante

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