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La démission de la direction de l’Académie des César a été le résultat d’une polémique grandissante et d’une lettre de nombreux intervenants célèbres du 7e art français qui souhaitaient voir la grand-messe du cinéma français enfin refléter la diversité du pays. Cela nous rappelle une autre polémique qui s’est abattue sur l’Académie en 1983 ou quand le grand Gégé balançait à tout va…

La direction de l’Académie des César, dirigée par le producteur Alain Terzian que le Monde décrit comme un « parrain déchu« , a donc démissionné. En raison de l’opacité de ses sages, de leurs décisions qui vont à contre-courant des tendances actuelles, du grand âge des décideurs, l’organisation a dû, à quelques jours de la grand-messe, se restructurer.

Ce n’est toutefois pas une première dans l’histoire d’une cérémonie annuelle perçue comme plan-plan, puisque elle a souvent été décriée en raison de son manque d’audace et de son entre-soi.

En 1983, à l’issue d’une cérémonie surprise couronnant La Balance de Bob Swaim, Gérard Depardieu s’était fendu d’une diatribe assassine dans le quotidien Libération pour condamner la composition de l’Académie et le système de vote qui avait mené à sacrer un film mineur quand d’autres, comme Danton, dont il était l’acteur principal, avaient été écartés de la récompense suprême.

Danton avait ainsi dû se contenter de la statuette du Meilleur réalisateur pour le Polonais Andrzej Wajda, alors que le biopic était, selon Depardieu furibard, bien plus méritant que le polar urbain, avec Philippe Léotard et Nathalie Baye, acteurs qui furent eux-mêmes césarisés comme Meilleur acteur et Meilleur actrice.

Georges Cravenne, créateur des César du cinéma, avait dû alors s’en expliquer.

Pour mémoire, Gérard Depardieu pouvait au moins s’enorgueillir cette année-là de sa sixième nomination dans la catégorie du Meilleur acteur. Il avait obtenu la fameuse récompense pour Le Dernier métro de Truffaut, en 1981.

En 1983, les César faisaient alors un effort en s’ouvrant vers un cinéma plus commercial, avec un Prix du Meilleur espoir féminin pour Sophie Marceau, dans La Boum 2, ce qui n’avait pas plu à tout le monde non plus.

Catherine Deneuve était la présidente de la 8e nuit des César. Elle n’avait alors remporté le César de la meilleure actrice qu’une seule fois, en 1981, pour Le Dernier Métro, dans lequel elle partageait l’affiche avec Gérard Depardieu.

Frédéric Mignard