Les ours comme vous ne les avez jamais vus : imposant et majestueux, mais à portée de caresse, dans des paysages naturels sublimes. Grizzly est une expérience revigorante adaptée au public familial en manque de sortie verte.
Synopsis : Une année de la vie d’une famille de grizzlys en Alaska, et leur interaction avec la faune voisine : loups, saumons, orques… Dans des paysages grandioses, on découvre la vie trépidante de ces animaux emblématiques, pour répondre à la question suivante : Comment le grizzly peut-il être, dans notre inconscient collectif, à la fois un animal féroce et le symbole de l’animal rassurant pour tous les enfants du monde ?
Critique : Cinquième avatar Disneynature en France, Grizzly est un produit maison pur jus. Le distributeur ne s’en cache pas, avec une affiche qui reprend le visuel exact (profil d’animaux sur fond blanc) de Félins, le plus gros succès de la maison en matière de documentaire animalier.
Le territoire des ours
L’enjeu est de poids pour Disney, imposer une histoire déjà portée à l’écran en février de la même année 2014, par le Français Guillaume Vincent. Terre des ours, flop notable en France (91.000 entrées quand Grizzly finira au-dessus des 400 000), racontait à peu près le même récit que celui de Grizzly, mais transposé en Russie. La version mieux budgétée de Disney Nature pose sa caméra dans les superbes paysages d’Alaska. Dans les deux films, on suit le parcours d’ours, du réveil à la tanière jusqu’aux bords de lacs gorgés de saumons, à un moment unique de l’année où la concentration de ces rares et gigantesques mammifères interpelle.
Grizzly par un maître du documentaire animalier
Ce cycle de la vie, de la naissance dans la tanière lorsque la maman hiberne, jusqu’au retour au bercail pour y sommeiller quelques mois, profite d’atouts plus immédiats pour le film Disney. Coréalisé par Alastar Fothergill, habitué doué dans le genre (Un jour sur Terre, Planète bleue, Félins, Chimpanzés), cet énième récit initiatique qui vient prendre le pouls de notre Terre, dans des recoins à l’abri des hommes non conviés à survivre dans ces reliefs et climats extrêmes, revêt des images splendides. La caméra approche, dans l’anonymat, des créatures sublimées (pelage, pattes, voire grosses papattes, petites gueules adorables d’oursons de Noël ou grosses truffes d’ours mal léchés…), avec un souci de proximité qui force l’épate. Mais le cadre, moins rugueux, plus cinématographique que les plateaux du Kamchatka, nous contraint à une admiration sans limite face à la beauté de paysages époustouflants.
Alors c’est vrai, cette extase naturelle, pas vraiment cruelle ici (on reste chez Disney) mériterait sûrement une musique plus lyrique, une musique de Michael Nyman par exemple, plutôt que la partition pseudo-épique et impersonnelle, proposée ici pour illustrer les péripéties de ces animaux.
Une narration trop pédagogique
Même si on apprécie bien plus ce Grizzly aux images incroyables de majesté, parfois même humoristiques dans leur captation d’instants incongrus, que Terre des ours, dont on trouvait déjà la proximité avec l’animale formidable, on calmera son enthousiasme sur la narration un peu pédagogique ; elle construit un suspense que les adultes sauront déboulonner en deux minutes, face à l’introduction du danger, en la présence de loups insolites, ou d’avertissements constants sur la probable mort des oursons faibles si leur mère ne parvient pas à stocker suffisamment de graisse pour l’hiver. Les rouages des bons sentiments sont vite oubliés face à l’immensité faite nature qui convoque des sentiments d’humilité certains.


