Face à la mer : la critique du film (2026)

Drame LGBT, Mélodrame | 1h51min
Note de la rédaction :
6.5/10
6.5
Affiche de Face à la mer

  • Date de sortie: 26 Août 2026
  • Année de production : 2025
  • Nationalité : Britannique
  • Titre original : On the Sea
  • Titres alternatifs :
  • Réalisatrice et scénariste : Helen Wash
  • Casting : Barry Ward, Lorne MacFadyen, Liz White, Henry Lawfull, Celyn Jones, Danny Webb, Callum Hymers, Sheldon Jones, Tristan Jones, Kieran Roberts, Leisa Gwenllian, Lisa Jen Brown, Robert Gwyn Davin, Julian Lewis Jones, William Huw, Owen Arwyn, Aaron Leacock, Chukwudalu Molokwu, Elena Valentine, Luke Richards
  • Monteur : Ricardo Saraiva
  • Directeur de la photographie : Sam Goldie
  • Compositeur : Felix Rösch
  • Directeur de casting : Alex Johnson
  • Cheffes costumières : Elin Torr, Audrey Hughes
  • Producteurs : David A. Hughes, Dabod Moores
  • Coproducteur : Billie Hughes
  • Producteurs exécutifs : Chris Clark, Mike Goodridge
  • Sociétés de production : Red Union Films
  • Distributeur : Optimale France
  • Editeur vidéo : Optimale Vidéo
  • Date de sortie vidéo :
  • Budget :
  • Classification : Tous publics
  • Box-office France / Paris-Périphérie :
  • Box-office USA / international :
  • Formats :
  • Festivals : Festival du film international Edinburgh 2025, Sélection officielle Chéries Chéris Festival du film LGBTQ+++ Paris 2025, Festival du fim LGBTQIA+++ Ecrans mixtes de Lyon 2025, Festival du film de Thessalonique (Grèce, 2025), Queer-Gestreift Film Festival Konstanz (Allemagne 2026), BFI Flare London LGBTQIA+ Film Festival (Royaume-Uni, 2026), Palm Springs International Film Festival (USA, 2026), Frameline San Francisco International LGBTQ Film Festival (USA, 2026), Roze Filmdagen Amsterdam (Pink Filmdays Amsterdam) LGBT Film Festival (Pays-Bas, 2026), Lovers Film Festival (Italie)
  • Crédit illustration : Optimale Films
  • Crédits : © Red Union Films. All Rights Reserved.
  • Attachés de presse : Laurette Monconduit, Jean-Marc Feytout
Note des spectateurs :

Porté par un formalisme visuel épatant qui capture à merveille la grisaille du Pays de Galles, Face à la mer est un mélodrame gay pertinent.

Synopsis : Jack est marié depuis des années à Maggie, son amour de jeunesse. Il travaille comme pêcheur dans les eaux du nord du Pays de Galles, avec son jeune frère, Dyfan, et ses trois fils. Jack a toujours pensé que son fils, Tom, rejoindrait l’entreprise familiale à la fin de ses études, mais la réticence de Tom à suivre ses traces provoque des tensions familiales. Celles-ci sont encore exacerbées par l’arrivée d’un matelot itinérant, Daniel, qui avoue ses sentiments à Jack. Dans cette communauté rurale isolée où la vie tourne autour de l’Église et de la pêche, Jack est confronté à un dilemme insurmontable.

© Red Union Films. All Rights Reserved.

Près de dix ans après The Violators qui évoquait les violences familiales à hauteur d’adolescente, l’écrivaine Helen Walsh remet le pied à l’étrier pour un nouveau drame atavique. Exit désormais le nord de l’Angleterre et ses paysages industriels, l’autrice privilégie désormais les paysages désolés de la partie nord du Pays de Galles, dont on retrouve quelques beaux vestiges industriels également. Forcément, cette région britannique est aussi la plus pauvre.
Face à la mer s’intéresse à la réalité du terrain d’une communauté de mytiliculteurs qui, à l’instar des moules qu’ils élèvent, est fortement accrochée à son détroit où l’océan vient culminer en embruns… Une dette familiale, un héritage d’homme en homme… il est difficile de faire le choix de partir quand reposent sur soi les responsabilités de cet élevage qui n’élève pas forcément le meilleur dans l’humain. Et on comprend la réticence du fils du protagoniste principal à vouloir mettre les mains dans les filets pour ne pas reproduire un schéma qui semble déjà le plonger dans une forme de dépression adolescente.
Barry Ward dans Face à la mer d'Helen Walsh

© Red Union Films. All Rights Reserved.

L’auteur des romans Brass et Une famille anglaise (Once Upon a Time in England) a le sens du descriptif et la volonté littéraire de coller au plus près des magnifiques paysages, souvent rocheux et brumeux, qui invitent à l’immensité de la mer. Elle avait d’ailleurs envisagé pour son récit du bout du monde, de l’isolement mental et physique, et du secret qui bouffe l’humain, l’Écosse, que l’on mentionne ici via Oban et Mull, mais aussi l’île de Man, en mer d’Irlande…

Face à la mer, géographie du terroir mental

Finalement, son choix s’est porté sur la splendide côte d’Anglesey où la vie défile au ralenti et creuse les traits des autochtones. La jeunesse y est désœuvrée, la famille tenue par l’obligation de culte et de renoncement, quand la seule vie sociale se résume à des virées au pub où chacun a sa place, au masculin.
Au loin dans ce décor, on aperçoit un fil de relief, le royaume de Snowdon, qui sert comme une frontière vers un autre monde, plus civilisé, celui de l’Angleterre, plus cossu, moderne, consommateur : à Londres, on y consomme goulûment les moules extraites par ces hommes rugueux du terroir. Une Angleterre d’une autre éducation, celle qui élève par le savoir et le refus de l’enfermement. Tout ce que le personnage central de Jack, marié depuis ses 16 ans, n’a jamais eu l’opportunité de connaître, en dehors du fantasme.
Barry Ward et Lorne MacFadyen dans Face à la mer d'Helen Walsh

© Red Union Films. All Rights Reserved.

Dans une forme de cinéma-vérité où l’humain colle à la caméra, Helen Walsh prend le temps de poser l’arrière-plan social et ethnologique de ces laissés-pour-compte d’une société qui s’occupe peu de cette main-d’œuvre de la frange. Le personnage de Jack, droit, juste, est éminemment bon, même si l’on comprend vite qu’il est rongé par ses propres remords. Un plan sobre et furtif de masturbation évoque cette frustration qui va concrètement prendre la forme masculine plus jeune d’un ouvrier des mers, le matelot Tom.

Démarre alors une romance loin d’être graveleuse et voyeuriste, mais asséchée par la réalité du terrain. Dans ce monde d’hommes, l’homophobie survient mais l’autrice n’en fait pas le moteur dégétique. La communauté est surtout un microcosme rural humble que l’on trahit par ses choix. Elle forme un tout de fraternité, d’acceptation de son statut qui vous est flanqué à la naissance.
On ne pourra pas reprocher à ce Brokeback Mountain gallois ses formes, Helen Walsh faisant de ses plans de peintures de grisaille un bel exercice de tonalisme. En revanche, l’intrigue est forcément quelque peu limitée par les stéréotypes que campent les personnages. Il manque à l’écriture un aspect saillant et puissant pour marquer de son empreinte, et ce n’est pas le choix d’une problématique métaphorique et mélodramatique autour de la maladie, qui vient se greffer en cours d’histoire, qui permet à ce projet de trouver entièrement son identité.
Face à la mer et son formalisme épatant est indéniablement un beau film qui nous fait aimer ses personnages, mais qui manque d’arguments pour s’élever dans un genre LGBT ultra-balisé.

Frédéric Mignard

Les sorties de la semaine du 26 août 2026

Affiche de Face à la mer

© Red Union Films, Optimale Films. All Rights Reserved.

x