Amazing Grace – Aretha Franklin : la critique du film (2019)

Documentaire, Concert, Musical | 1h27min
Note de la rédaction :
8/10
8
Affiche française de Aretha Franklin Amazing Grace, pour sa sortie exceptionnelle dans les cinéma CGR

  • Réalisateur : Alan Elliott
  • Acteurs : Aretha Franklin
  • Date de sortie: 06 Juin 2019
  • Nationalité : Américain
  • Distributeur : CGR Events, Metropolitan FilmExport
  • Éditeur vidéo :
  • Date de sortie vidéo :
  • Box-office France / Paris-périphérie :
Note des lecteurs

Amazing Grace est l’incroyable histoire d’un documentaire consacré à l’enregistrement de l’album gospel le plus vendu et le plus mythique de la carrière d’Aretha Frankin, chanteuse et musicienne surnommée The Queen of soul ou Lady Soul.

 Synopsis : En janvier 1972, Aretha Franklin enregistre un album live dans une église intimiste du quartier de Watts à Los Angeles. Le disque de ce concert mythique, Amazing Grace, devient l’album de Gospel le plus vendu de tous les temps, consacrant le succès de la Reine de la Soul. Si ce concert a été totalement filmé, les images n’ont jamais été dévoilées… Jusqu’à aujourd’hui. Découvrez le film inédit d’un concert exceptionnel et l’incroyable grâce d’une Aretha Franklin bouleversante.

Un enregistrement mythique et maudit

 Critique : Aretha Franklin, née en 1942 à Memphis (Tennessee) est découverte par John H. Hammond et signe en 1956 un contrat avec Columbia Records. Les quelques titres qu’elle enregistre pour ce label ne sont guère marquants. Il faut attendre son entrée au sein d’Atlantic Records en 1967 pour voir arriver les tubes – I Never Loved A Man, Respect, Baby I Love You, Chain of Fools, Think, Don’t Play That Song, grâce auxquels la maison de disques caracole en tête des meilleures ventes de pop et de R&B.

En 1971, Aretha Franklin est désormais surnommée la reine de la soul. Avec son producteur Jerry Wexler, elle décide de revenir à la musique de ses débuts et souhaite enregistrer un album de gospel. C’est ainsi que naît Amazing Grace dont l’enregistrement nous est retracé à travers ce film inédit vieux de plus de quarante-six ans, qui a failli ne jamais voir le jour. C’est à Sydney Pollack, réalisateur tout juste auréolé d’un Oscar pour On achève bien les chevaux, que revient l’honneur de filmer cet événement. Pourtant, un défaut de synchronisation entre l’image et le son condamne la pellicule inexploitable à finir dans un placard.

Film témoin de la puissance vocale et du charisme d’Aretha Franklin, également reflet d’une époque militante

Mais c’est sans compter sur l’énergie d’Alan Elliott, ancien producteur d’Atlantic. Mettant à profit les technologies numériques, il synchronise le son avec l’image et obtient un film à partir des rushes avant de se heurter à des problèmes juridiques qui trouveront leur issue quelques mois après le décès de la chanteuse survenu le 16 août  2018. On ne peut que saluer son acharnement à vouloir partager avec tous les amateurs de gospel ces instants de communion inégalés.

Bien droite dans sa tunique immaculée, Aretha Franklin retient toute l’attention d’un public vêtu, pour la circonstance, de ses plus beaux habits. On ne se lasse pas d’admirer ses chapeaux improbables, ses voilettes variées, ses robes aux couleurs éclatantes. Car au-delà de témoigner de la puissance vocale et du charisme d’une artiste, le document se fait aussi le reflet d’une époque, de ces Seventies où la grande Amérique rayonnait sans partage et où la communauté afro-américaine affirmait son émancipation (Martin Luther King, assassiné quatre ans plus tôt, et aux côtés de qui Aretha Franklin a milité pour les droits civiques, a initié la lutte contre la ségrégation raciale).

L’un des plus éclatants témoignages du génie de l’artiste légendaire

Une image au grain délicieusement patiné confirme l’authenticité de ce qui se déroule sous nos yeux. La voix chaude de la reine de la soul, accompagnée d’un chœur performant et du généreux Révérend Cleveland, doué d’autant de bonhomie que d’émotion, subjugue et envoûte le public. Entre rythme effréné et foi indéfectible, elle offre ses plus beaux titres gospel jusqu’à cette bouleversante version longue d’Amazing Grace, hymne composé au dix-huitième siècle par un trafiquant d’esclaves anglais repenti, et devenu le symbole de la misère et des souffrances des esclaves.

A la fin de la deuxième soirée, l’interprétation poignante de Never grow old provoque un incomparable saisissement allégorique. Les uns entrent en transe, des larmes envahissent les visages des autres pendant que le très respecté pasteur C.L. Franklin, qui n’est autre que le père de la chanteuse, semble sidéré face à la qualité de la performance de sa fille.

Quarante-sept ans plus tard, ce documentaire inédit constitue l’un des plus éclatants témoignages du génie de cette artiste légendaire.

Critique de Claudine Levanneur

Le film sera diffusé avec un son 7.1, dans les cinéma CGR,du 6 au 10 juin 2019.

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Affiche française de Aretha Franklin Amazing Grace, pour sa sortie exceptionnelle dans les cinéma CGR

Crédits : 40 Acres & A Mule Filmworks, Al’s Records And Tapes, Rampant, Time, Warner Bros

 

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