Réalisateur, producteur et scénariste autrichien, Ulrich Seidl est né en 1952 à Vienne dans une famille catholique. Lui-même a un temps envisagé d’être prêtre, mais à l’adolescence, il a opté pour une carrière de journaliste, puis de cinéaste après avoir étudié le septième art à l’Académie du film de Vienne.
Ulrich Seidl, un documentariste réputé
Cela lui offre l’occasion de réaliser son premier court-métrage en 1980, puis son premier long-métrage documentaire intitulé Le bal (1982). Dès cette époque, Ulrich Seidl se spécialise dans le documentaire et il en signe plusieurs dont Krieg in Wien (1989) ou Animal Love (1996). C’est finalement en 2001 qu’Ulrich Seidl décide de passer à la fiction avec Models (1999) et surtout Dog Days (2001) qu’il coécrit avec son épouse Veronica Franz. Le film est présenté avec succès au Festival de Venise en 2001 et obtient le Prix spécial du jury. Tout en continuant à livrer des documentaires sur des sujets chocs, Ulrich Seidl revient à la fiction avec Import/Export (2007) qui est présenté à Cannes où il fait scandale pour ses scènes de sexe particulièrement osées.
Ulrich Seidl, de l’art de la provocation!

© 2022 Arte France Cinéma – Bayerischer Rundfunk (BR) – Coproduction Office – Essential Filmproduktion GmbH – Parisienne de Production – Ulrich Seidl Film Produktion GmbH / Affiche : Kornelius Tarmann. Tous droits réservés.
La voie d’Ulrich Seidl est désormais tracée : il va tourner des films provocants, généralement réalisés en longs plans fixes qui créent le malaise. Pendant plusieurs années, il tourne la trilogie Paradis qui se divise en trois titres fondamentaux. Paradis : Amour (2012) évoque le tourisme sexuel, Paradis : Foi (2012) s’en prend avec virulence à l’intégrisme religieux (et remporte le prix spécial du jury au 69e Festival international du film de Venise) et enfin Paradis : Espoir (2012), le plus faible des trois, s’intéresse à l’adolescence.
Deux ans plus tard, le cinéaste revient au documentaire avec l’étrange Sous-sols (2014), puis s’attaque au sujet de la chasse avec son documentaire Safari (2016). Finalement, entre 2017 et 2021, il réalise un diptyque qui fait à nouveau scandale. Si Rimini (2022) met mal à l’aise par son traitement des migrants à la lisière du racisme, c’est surtout Sparta (2023) qui a provoqué un tollé par sa vision particulière de la pédophilie. Le cinéaste habitué des polémiques est bien évidemment mal à l’aise dans une société qui refuse la contradiction. Rien que pour cela, son cinéma dérangeant n’a jamais été autant nécessaire.