Réalisateur, dessinateur, écrivain, peintre et sculpteur français, René Laloux est né en 1929 à Paris. Enfant, il se passionne pour le dessin et le cinéma et quitte l’école à 13 ans pour suivre une formation de sculpteur sur bois.
Une longue période d’hésitation
Vers 17 ans, il en fait son premier métier, mais découvre parallèlement le milieu du théâtre et le monde magique des marionnettes. Pendant un temps, il reçoit une formation dans ce domaine.
Pourtant, après son service militaire, il va quitter le monde artistique pour gagner sa vie avec divers petits boulots. Finalement, il va revenir progressivement à l’art en animant des ateliers de théâtre d’ombres, de peinture et de dessin dans un institut psychiatrique où il travaille entre 1956 et 1960. C’est dans ce cadre clinique qu’il entreprend son tout premier film d’animation intitulé Les dents du singe (1960) dont le script a été rédigé par les pensionnaires de l’hôpital.
La rencontre décisive avec Topor
Finalement, ce premier essai est présenté dans plusieurs festivals et gagne des prix. Surtout, il permet à René Laloux de rencontrer Roland Topor avec lequel il va entamer une fructueuse collaboration. Cela débute par le court métrage Les escargots (1965).
Après le joli succès critique de cette première expérience commune, les deux hommes décident de passer au long métrage d’animation en adaptant une histoire de science-fiction de Stefan Wul. Réalisé dans des studios tchécoslovaques pour des raisons de coût, La planète sauvage (1973) est une véritable révolution car il démontre que l’animation n’est pas réservée aux enfants. Le métrage réalisé par la technique du papier coupé remporte le Prix du jury au Festival de Cannes en 1973. Le futur classique de l’animation rencontre également un certain succès public avec 809 945 entrées.
Alors qu’il travaille déjà sur un nouveau film de SF avec le dessinateur Caza, René Laloux ne parvient pas à concrétiser ce projet et opte finalement pour Les maîtres du temps (1982) dont les dessins sont signés Moebius, toujours d’après une histoire de Stefan Wul. Là encore, la production doit se délocaliser en Hongrie pour obtenir des coûts moindres. Le film est une nouvelle réussite et attire 505 189 spectateurs en France.
L’échec commercial de Gandahar
Ce joli succès permet de débloquer le projet avec le dessinateur Caza, d’autant que la production est cette fois délocalisée en Corée du Nord. Cela donne Gandahar (1987) d’après un récit SF de Jean-Pierre Andrevon. Cette fois, le film est nettement moins réussi et, balayé par la crise du cinéma, le métrage ne ramasse que des miettes au box-office, mettant fin à la carrière de René Laloux dans le long métrage.
Après l’abandon d’un autre projet, René Laloux part vivre à Angoulême où il devient enseignant, peintre et également écrivain. Ainsi, il livre en 1996 un bouquin fort intéressant sur l’histoire du cinéma d’animation intitulé Ces dessins qui bougent.
En 2004, René Laloux décède d’un infarctus à l’âge de 74 ans. Il restera comme l’un des grands artisans d’un cinéma d’animation européen ambitieux.