Acteur et scénariste américain, Montgomery Clift naît en 1920 dans l’Etat du Nebraska et fait ses débuts à Broadway dès l’âge de 13 ans. Après plusieurs pièces à succès, il est encouragé par Elia Kazan et entre alors à l’Actors Studio.
Montgomery Clift, une ascension fulgurante
Bien aidé par un physique très avantageux, le jeune acteur va rapidement trouver un emploi majeur au grand écran. Ainsi, sa première apparition tient de la révélation pure et simple puisqu’il est immédiatement opposé à John Wayne dans le superbe La rivière rouge (Hawks, 1948).
Il enchaîne immédiatement avec Les anges marqués (Zinnemann, 1948) qui sortira pourtant avant le western de Hawks. Pour ce rôle, Clift est aussitôt nominé à l’Oscar du meilleur acteur. Il s’agit donc ici d’une ascension fulgurante. Le comédien continue sur sa brillante lancée avec L’héritière (Wyler, 1949), puis La ville écartelée (Seaton, 1950) qui est plus dispensable.
Montgomery Clift entame alors la plus belle période de sa carrière avec des œuvres superbes où sa fragilité naturelle sait brillamment s’exprimer. Il est l’homme torturé par des démons intérieurs, ce qui est sans aucun doute favorisé par son homosexualité dissimulée, ainsi que par son alcoolisme. Il est sublime dans Une place au soleil (Stevens, 1951) avec Liz Taylor, mais aussi en prêtre attaché à son vœu dans La loi du silence (Hitchcock, 1953). La même année, il joue aussi pour Vittorio De Sica dans Station Terminus, puis dans le bijou Tant qu’il y aura des hommes (Zinnemann, 1953). Ce dernier film lui permet d’obtenir une nomination supplémentaire à l’Oscar du meilleur acteur.
Un terrible accident de voiture aux conséquences dramatiques
Au lieu de profiter de cette fulgurante ascension, Monty fait une longue pause de plusieurs années et ne revient qu’en 1957 avec L’arbre de vie (Dmytryk, 1957). Malheureusement, durant le tournage, Clift est victime d’un terrible accident de voiture qui le laisse défiguré. Malgré de beaux efforts de reconstruction faciale, l’acteur resta marqué à jamais, d’autant qu’il tombe dans la drogue et l’alcoolisme de manière plus addictive. Au cinéma, on le retrouve dans Le bal des maudits (Dmytryk, 1958), mais c’est surtout sa contribution au chef d’œuvre Soudain l’été dernier (Mankiewicz, 1959) qui marque les esprits. Il continue sur sa lancée avec Le fleuve sauvage (Kazan, 1960) et surtout Misfits – Les Désaxés (Huston, 1961), film tragique qui fut le dernier de Marilyn Monroe et de Clark Gable.
Clift incarne un déséquilibré mental dans Jugement à Nuremberg (Kramer, 1961) et John Huston lui offre le rôle-titre de Freud, passions secrètes (1962) dont le tournage fut très éprouvant. A cette période, Montgomery Clift doit être opéré de la cataracte et il s’enfonce de plus en plus dans la drogue.
Le destin tragique d’un homme torturé
Il ne tourne plus que le médiocre film L’Espion (Lévy, 1966) où il n’est plus que l’ombre de lui-même. Monty s’éteint tragiquement en 1966 à l’âge de 45 ans, à la suite d’un infarctus. S’il semble avoir eu quelques partenaires féminines, Montgomery Clift a surtout souffert du regard des autres quant à son homosexualité. C’est ce qui explique en grande partie ses nombreuses absences à l’écran, ainsi que ses addictions. On notera que malgré ses quatre nominations à l’Oscar, la star adulée n’a jamais obtenu la moindre statuette. Une injustice de plus dans une vie décidément tragique.