Réalisateur, producteur, scénariste et acteur chinois, Jia Zhangke (également écrit Jia Zhang-ke) est né en 1970 à Fenyang, en Chine. Il fait partie de la sixième génération du cinéma chinois. D’abord, il a débuté sa formation comme dessinateur aux Beaux-Arts de Pékin avant de découvrir le cinéma par le biais des premiers films de Chen Kaige, ce qui lui a donné l’impulsion pour devenir cinéaste.
Un cinéaste indépendant et vilipendé par le pouvoir chinois
Pendant ses études, il tourne un premier moyen métrage en 1995, mais il est pleinement révélé au monde entier par Xiao Wu, artisan pickpocket (1997) qui est présenté avec succès au Festival de Berlin. Toutefois, ce long métrage lui attire les foudres des autorités chinoises qui l’empêchent de tourner dans son pays car il en donne une image trop dégradante.
Cela ne l’empêche pas de réaliser en Chine Platform (2000) en toute clandestinité, ce qui n’arrange guère son cas auprès des autorités. Cette fois, le film est salué au Festival de Venise. Mêmes conditions de tournage pour le film suivant, Plaisirs inconnus (2002) qui est présenté en compétition au Festival de Cannes. Désormais, Jia Zhangke est un cinéaste célébré en Occident, mais honni en Chine où ses films ne sortent même pas. Finalement, le gouvernement chinois accepte qu’il revienne tourner dans son pays et cela donne The World (2004), un film aux moyens bien plus conséquents.
Jia Zhangke, réalisateur adulé en Occident et dans les festivals
La consécration intervient en 2006 avec le drame Still Life qui remporte le Lion d’or au Festival de Venise et attire 202 702 cinéphiles dans les salles françaises. La même année, il propose Dong (2006) qui est un documentaire sur un peintre chinois. Puis, il continue dans cette voie documentaire avec Useless (2007) et 24 City (2008) qui évoquent les transformations de la Chine contemporaine.
Après cette longue pause documentaire, il revient à la fiction avec I Wish I Knew : Histoires de Shanghai (2010) qui est présenté à Cannes dans la section Un Certain Regard. Pourtant, il faut patienter jusqu’à 2013 pour que Jia Zhangke refasse parler de lui avec l’excellent A Touch of Sin (2013) qui lui apporte un prix du scénario à Cannes et réunit 192 708 cinéphiles français. Un vrai retour en grâce. Depuis, le cinéaste est revenu au drame avec Au-delà des montagnes (2015) qui est à nouveau en compétition à Cannes et réalise 282 705 entrées en France.
Après plusieurs courts métrages, le cinéaste tourne Les Éternels (2018) qui se retrouve une fois de plus en compétition à Cannes, mais qui repart bredouille. Le métrage a séduit 136 766 spectateurs français. Depuis, le cinéaste autrefois rebelle a été élu député de l’assemblée populaire de Chine et il a tourné Les Feux sauvages (2024) qui a encore été proposé en compétition à Cannes. La même année, il accepte de jouer un rôle important dans le superbe Black Dog (Guan Hu, 2024) et il ne cesse de réaliser des courts métrages.
On notera que Jia Zhangke est aussi un producteur très actif et qu’il n’hésite plus à faire l’acteur, notamment depuis les années 2020.