Premier film de Jérémy Ferrari, Les K d’Or échoue dans sa mission de faire rire à cause d’un scénario trop délié et sans colonne vertébrale. Ennuyeux.
Synopsis : D’après sa mère, Noé serait le fils caché de Kadhafi. Devenu chasseur de trésors, Noé n’a donc plus qu’une obsession, retrouver l’or de son père éparpillé dans le Sahel après sa mort. Pour y arriver il va avoir besoin des connexions de Zoulika (anciennement Louise), aussi attachante qu’incontrôlable et fraîchement sortie d’un centre de réinsertion civique, ainsi que de Ryan, puceau malvoyant de 52 ans participant au « Marathon des sables »… Une parfaite couverture pour passer la frontière discrètement !
Un scénario maintes fois remanié
Critique : Développé depuis environ 2023, le scénario des K d’Or a été imaginé par Jérémy Ferrari avec le réalisateur Saïd Belktibia (Roqya) à partir d’une idée proprement farfelue puisqu’il s’agissait d’inventer un fils potentiel au dictateur Khadafi. A partir de là, Jérémy Ferrari a écrit l’un des trois rôles pour son ami comédien Guillaume Bats, tragiquement décédé en 2023. Il lui a fallu donc réécrire l’intégralité du script, ajoutant des passages entiers afin de coller aux personnalités des nouveaux comédiens attachés au projet, à savoir Eric Judor et Laura Felpin.

© 2026 Iconoclast, StudioCanal, France 2 Cinéma, C8 Films, Dark Smile Productions. Tous droits réservés.
Si le long métrage devait initialement être réalisé par Saïd Belktibia, l’implication de plus en plus grande de Jérémy Ferrari dans le projet l’a amené à se lancer dans cette toute première réalisation. Le défi était complexe puisqu’il fallait à la fois gérer un budget relativement imposant de plus de 8 millions d’euros, mais aussi un tournage en plein Sahara, au moment du fameux Handi Marathon des sables, avec en plus un chien à trois pattes à diriger.
Une déception à la hauteur de l’attente
Cela faisait sans doute trop de complications pour un tout premier film, malgré toute l’énergie déployée par le réalisateur pour rendre le spectacle amusant. Finalement, Les K d’Or échoue dans sa mission première qui était de faire rire. Alors que l’auteur de ces lignes apprécie vraiment le travail scénique de Jérémy Ferrari, force est d’admettre que son passage au cinéma tient de la déception pure et simple.
En fait, le principal problème vient de la différence majeure entre l’écriture d’un spectacle et celle d’un film. Là où un one man show permet toutes les digressions possibles, un scénario se doit d’avoir une colonne vertébrale forte afin d’embarquer les spectateurs d’un point à un autre, en passant par des étapes essentielles. Malheureusement, dès le début, Jérémy Ferrari ne parvient pas à bien caractériser ses trois personnages principaux, et notamment le sien qui est pourtant le moteur central de l’intrigue.
Des ellipses curieuses dans un film à trou
En fait, on ne comprend jamais vraiment quelles sont les motivations de son personnage. Par la suite, le montage laisse apparaître des trous béants et des ellipses parfois incompréhensibles qui font que l’on ne sait plus vraiment ce que sont venus faire les protagonistes dans ce désert. Pris dans les sables de sa propre intrigue, Jérémy Ferrari signe quelques dialogues réussis et drôles, mais il laisse trop de place à l’improvisation de ses comparses. Or, si Eric Judor est un habitué de l’exercice, Laura Felpin en fait des tonnes sans parvenir à nous arracher le moindre sourire.

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Finalement, on a l’impression que le film regorge d’idées originales, mais qui ne sont jamais développées de manière convaincante. Par exemple, le gag du chien à trois pattes fait rire lors de l’apparition de l’animal, mais celui-ci est ensuite relégué en tant que simple figurant comme si l’auteur n’avait pas su réellement développer un arc narratif autour de sa présence. Et on peut dire la même chose de quasiment tous les protagonistes secondaires. Pire, certains passages paraissent franchement ratés, comme toutes les scènes avec Fred Testot, totalement à côté de la plaque en chef islamiste ridicule.
Malgré une réalisation plutôt dynamique, Les K d’Or finit par s’enliser dans les sables du désert et la projection semble bien longue, l’ennui s’installant progressivement jusqu’à une résolution sabordée achevant de faire du spectacle un film terriblement décevant.
Critique de Virgile Dumez
Les sorties de la semaine du 11 mars 2026

© 2026 Iconoclast, StudioCanal, France 2 Cinéma, C8 Films, Dark Smile Productions / Affiche : Fifou (Photographie) ; Fifou, Eric Clavier, Impekhabe (Artwork). Tous droits réservés.
Biographies +
Eric Judor, David Ayala, Fred Testot, Baptiste Lecaplain, Jérémy Ferrari, Laura Felpin
Mots clés
Cinéma français, Comédie d’aventure, Comédie décalée, Le désert au cinéma, Les chiens au cinéma, Les handicapés au cinéma