Icone du cinéma de genre français, Françoise Blanchard a marqué le cinéma de quartier, dans l’horreur, l’érotisme, ou la comédie franchouillarde avant de se recycler dans le doublage avec succès.
Véritable icone des années 80, Françoise Blanchard faisait partie des seconds rôles sexy dont la production française se repaissait alors.

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La beauté blonde des chatelaines fantasmées de tout un imaginaire du cinéma ésotérique français débute dans un petit rôle chez Michel Gérard dans Les joyeuses colonies de vacances. Une médiocrité qui se répètera dans sa carrière, puisque d’autres comédies franchouillardes l’accueilleront : Les P’tites têtes, seul long métrage réalisé par Bernard Menez, N’oublie pas ton père au vestiaire, On l’appelle catastrophe, Y’a pas le feu et Le Facteur de Saint-Tropez, quatre comédies de Richard Balducci, et L’Emir préfère les blondes d’Alain Payet. Les critiques n’iront pas voir les films. Les Parisiens non plus. Mais en province, puis en VHS… Tout un culte va se construire autour de cette vamp surannée d’une décennie marquée par le temps.
C’est en fait chez Jean Rollin que Françoise Blanchard trouvera ses rôles les plus importants, dans le film gore La morte vivante où elle incarne le personnage principal et le film noir Les Trottoirs de Bangkok (1982-1984). Les deux jalons comptent parmi les plus populaires de Jean Rollin, en France comme à l’étranger. Forcément, ils renforcent cette impression d’omniprésence de cette actrice qu’aucun lecteur de Télérama ou Les Cahiers du Cinéma ne connaît alors. Qu’importe. Elle règne dans le cinéma bis en impératrice.

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D’ailleurs d’autres papes du Z s’intéresseront à elle : Bruno Mattei l’engage dans le bien-connu Caligula et Messaline, puis dans Les Aventures sexuelles de Néron et de Poppée ; Alain Payet l’a aussi dirigée dans le nanar surréaliste Les Amazones du temple d’or, et Jesús Franco l’a filmée dans Nevrose, Opération sida, et A la poursuite de Barbara, l’un de ses seuls films des années 90. Si les films de Franco ne sont pas parmi les plus vus et sont même difficiles à mettre la main dessus, ses péplums érotiques ont toujours un grand succès en DVD et blu-ray, avec des éditions qui l’immortalisent toujours plus aux USA.
Et d’immortaliser cette déesse de notre répertoire alternatif, nous en avons besoin.
Certes, durant la décennie 90, si elle croise la route de Jean-Pierre Mocky dans Alliance cherche doigt, elle bascule dans le doublage essentiellement de films d’animation (Maya l’abeille, Totally spies, Jimmy Neutron, Mes voisins les Yamada…), ce qui l’écarte de ses adultes de fans, orphelins avant l’heure. Et en parlant d’heure, celle ci frappa. Trop tôt.
La comédienne qui a habité le cinéma que l’on aimait décède à l’âge de 58 ans en 2013. Les raisons de sa mort ne sont pas partagées. Mais à 58 ans, la tragédie est entière, douloureuse et injuste. Son ultime film, La nuit de l’horloge de Jean Rollin, hommage testamentaire à Jean Rollin, devient également son requiem.
Françoise Blanchard, émissaire d’une époque et d’un cinéma populaire méprisé nous manque.

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