Réalisateur, acteur, scénariste, producteur et directeur de théâtre italo-argentin, Mario Soffici est né en 1900 à Florence. Dès ses 9 ans, sa famille emménage en Argentine, dans la ville de Mendoza.
Un acteur apprécié…
Très jeune, il débute comme comédien de théâtre et commence également à se passionner pour la mise en scène. Il vient au cinéma par l’entremise de José A. Ferreyra, considéré comme le père du cinéma argentin. Ainsi, il interprète un rôle dans Muñequitas porteñas (José A. Ferreyra, 1931) et continue sur sa lancée avec El linyera (Enrique Larreta, 1933), tous des drames à portée sociale.
… qui passe rapidement derrière la caméra
Toutefois, si le comédien a continué à jouer pour les autres jusqu’à la fin de sa vie, on retiendra surtout son passage réussi à la réalisation dès 1935 avec le drame musical El alma de bandoneón (1935). Sa carrière comprend tout de même une quarantaine de réalisations, dont beaucoup de mélodrames sociaux, style qui lui est propre. Il se fait remarquer par des œuvres fortes comme Viento norte (1937), Kilómetro 111 (1938). Toutefois, c’est son film suivant, le magnifique Prisonniers de la terre (1939) qui le fait briller aux yeux de tous. Le long métrage est considéré comme l’un des plus beaux du cinéma argentin.
Le cinéaste, motivé par cette réussite impeccable, ose s’en prendre aux magouilles politiques de son pays dans le très politique Héroes sin fama (1940). Pourtant, après Tres hombres del río (1943), sa production se tourne de plus en plus vers le cinéma commercial et perd de sa singularité. En France, on ne verra de lui que L’enfer de la jalousie (1946), L’île des désespérés (1948) et surtout Rosaura à dix heures (1958) qui participe au Festival de Cannes.
Sa production s’achève en 1962 et Mario Soffici redevient simple acteur pour les autres jusqu’à son décès en 1977 qui intervient quelques jours seulement avant son 77ème anniversaire. Il restera donc comme l’un des pionniers du cinéma argentin.